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Première mondiale : des tests in vivo menés sur des rats nourris aux OGM mettent en évidence de graves effets toxiques.

Première mondiale : des tests in vivo menés pour la première fois pendant 2 ans sur des rats nourris par un OGM et son herbicide associé , le Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde,  mettent en évidence ses effets toxiques graves.
Un maïs OGM tolérant au roundup (le NK603) a été testé sur des rats pendant 2 ans. Il s’agit de l’étude la plus détaillée jamais menée sur des rats nourris pendant 2 ans avec un maïs OGM qui est  tolérant au Roundup c’est-à-dire capable de s’en gorger sans en mourir. La revue scientifique « Food and Chemical Toxicology » vient de publier aujourd’hui les résultats de cette étude réalisée par le Pr Gilles-Eric Séralini.

Les résultats publiés mettent en avant l’importance de réaliser des tests de longue durée avant mise sur le marché des OGM de ce type alors que les test actuels réalisés par les industriels ne durent que 3 mois…

Voici l’interview que nous avons réalisé pour vous du Dr Joel Spiroux,  directeur adjoint de l’étude réalisée par l’équipe scientifique du Pr Seralini :
Docteur Joël Spiroux, vous venez de publier une étude scientifique avec le Pr Gilles-Eric Séralini qui est alarmante car elle met en évidence des effets toxiques graves d’un OGM et de son herbicide associé sur la santé. C’est une première mondiale.
J’ai le grand plaisir de travailler depuis prés de 15 ans avec mon ami Gilles-Eric Séralini. J’ai un profil particulier car je suis médecin libéral, et directeur adjoint de l’étude dont nous parlons. Cette étude est effectivement une première mondiale car personne au monde n’a réalisé une étude aussi longue et aussi complète pour tester un OGM et son herbicide associé.
Pouvez-vous nous expliquer en préambule ce qu’est  un OGM ?
Un OGM est un organisme vivant (micro-organisme, végétal, animal) ayant subi une modification non naturelle de ses caractéristiques génétiques initiales, par ajout, suppression ou remplacement d’au moins un gène. On appelle donc OGM tout organisme hébergeant un ou plusieurs gènes provenant d’une espèce à laquelle il n’appartient pas. Les « gènes étrangers » sont alors appelés transgènes, l’OGM un organisme transgénique. Il existe à l’heure actuelle des maïs possédant jusqu’à 8 transgènes.
Pourquoi cette étude ?
Il nous a paru indispensable de tester un OGM alimentaire tolérant au Roundup alors même que les industriels fournissent des études biologiques pour obtenir un accord de mise sur le marché de leurs produits par les différents  gouvernements. En effet nous considérons que les études fournies par les industriels sont superficielles et ne permettent pas de mettre en évidence des signes de toxicité. Par exemple les études les plus longues pour un OGM alimentaire ne dure que trois mois sur des rats et que les pesticides formulés ne sont pas testés au long terme. Par ailleurs cela fait plus de 10 ans que dans le  laboratoire de Gilles Eric Séralini sont publiées des études mettant en évidence les effets toxique « in vitro » de certains pesticides et en particulier le Roundup. J’ai même été coauteur de plusieurs publications mettant en évidence des signes de toxicité hépatiques et rénales dans des études de Monsanto et qui ont néanmoins été acceptés à la commercialisation par les agences réglementaires.
Où fut elle réalisée et par qui ?
Elle fut réalisée par l’équipe du Pr Gilles-Eric Séralini du laboratoire de biologie moléculaire de l’université de Caen avec la participation de quelques prestataires extérieurs et  le soutien du CRIIGEN.
Dans quelle revue scientifique votre étude  a-t-elle été publiée ?
Notre étude est publiée dans une des meilleures revues scientifiques internationales de toxicologie alimentaire et sera en ligne à partir du 19/09/12. Son titre:
”Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize”. Food and Chemical Toxicology, Séralini G.E. et al. 2012
Quel fut son protocole ?
C’est l’étude la plus détaillée jamais menée sur des rats nourris pendant 2 ans avec un maïs OGM, le NK603 qui est  tolérant au Roundup c’est-à-dire capable de s’en gorger sans en mourir.
Nous avons pris 10 groupes de 10 rats mâles  et 10 groupes de 10 rats femelles. Chez les mâles comme chez les femelles nous avions 1 groupe de rats témoins, 3 groupes de rats mangeant de l’OGM seul à la dose de 11%, 22%, 33%, 3 groupes de rats mangeant de l’OGM  à 11, 22, 33% pulvérisés pendant la culture par du Roundup, et 3 groupes de rats mangeant le maïs non OGM mais buvant du Roundup à trois doses : celle que l’on peut trouver dans l’eau du robinet, celle équivalente au résidus de Roundup toléré dans l’alimentation et celle correspondant à la dose susceptible d’être absorbée par les utilisateurs de Roundup.
Par ailleurs tout au long des 2 ans nous avons pratiqué un monitoring le plus complet possible, poids, prise de sang et examens de tous les organes à la fin de l’étude. Ces tests ont donc porté sur les 200 rats en observation pendant deux années sur plus de cent paramètres.
Pourquoi utiliser  des rats ?
On ne teste pas au niveau réglementaire ces produits toxiques sur des humains, mais sur des rats. En tant que médecin, je préfère que ces produits soient testés sur des rats plutôt que sur la population comme nous sommes en train de le faire dans de très nombreux pays au monde.
Quelles différences avec les études réglementaires nécessaires avant la mise sur le marché ?
La différence primordiale est la durée. Les études réglementaires ne portent que sur 3 mois alors que notre étude porte sur 24 mois. Nous dosons plus de paramètres biologiques et en particulier les paramètres hormonaux qui ne sont pas dosés dans les études réglementaires. Pourtant il est bien connu que les pesticides et en particulier le Roundup sont des perturbateurs endocriniens !!!
Quels sont les résultats les plus marquants ?
Le premier résultat inattendu est que les premiers rats sont morts à 4 mois, alors que les durées d’études réglementaires sont limitées à 3 mois !
Les rats nourris aux OGM, traités ou non au Roundup meurent plus rapidement et de manière plus importante que les témoins. Les femelles sont principalement mortes de tumeurs mammaires et d’anomalies hypophysaires. Les rats nourris aux OGM, traités ou non au Roundup ont eu des tumeurs plus rapidement et de façon plus importante que les témoins. La majorité des mâles sont morts de problèmes hépatiques et rénaux. Des effets métaboliques toxiques sont dus à l’OGM seul. Le Roundup a des effets graves sur la santé à très faibles doses.
Quelles retombées sociétales attendez-vous ?
Cette étude montre clairement que les études réglementaires présentent de grosses lacunes trop courtes, trop superficielles, incomplètes et semblant être faites pour ne pas mettre en évidence des effets sur la santé. Par ailleurs, ces études sont réalisées et financées par les producteurs et les résultats interprétés par ces mêmes firmes. Ce manque d’indépendance est très préjudiciable pour la sécurité alimentaire  de la population. Nous pouvons aussi accuser le laxisme des instances d’accréditation.
Nous demandons que les autorisations de ces produits soient revues, que les tests de 90 jours soient prolongés (2 ans) pour tous les OGM, que les pesticides soient testés 2 ans à faibles doses et en formulations et dernier point que les tests réglementaires soient publics, indépendants des compagnies, et soumis à l’expertise contradictoire.
Vous êtes tous les deux membres du CRIIGEN ; vous n’êtes pas sans savoir que certains de vos détracteurs vous considèrent comme des « anti OGM », qu’avez-vous à me répondre sur ce sujet ?
Nombreux sont les scientifiques appartenant au CRIIGEN qui travaillent dans leurs laboratoires sur les OGM pour mieux comprendre le fonctionnement des gènes. En tant que médecin je suis très favorable à l’utilisation de la technique de transgénèse pour l’obtention de médicament comme le plus emblématique d’entre eux : l’insuline. Vous voyez donc qu’au CRIIGEN nous ne sommes pas des anti OGM, mais nous sommes contre les plantes à pesticides que sont les OGM agricoles et qui par-dessus tout sont mal évalués, comme nous venons de le montrer.
Quelle suite y aura-t-il à cette étude ?
Avant de penser à la suite, je suis persuadé que notre étude fera  l’objet de nombreux articles dans la presse nationale et parmi tous les médias. Dès maintenant, les résultats et l’expérience, son contexte et ses conséquences sociales font fait l’objet du livre « Tous Cobayes ! » de Gilles-Eric Séralini, publié le 26/9 chez Flammarion. Un film est librement adapté de cet ouvrage « Tous Cobayes ? » de Jean-Paul Jaud; sortie nationale au cinéma le 26/9. Un documentaire télévisé « OGM, vers une alerte mondiale ? » a été réalisé par François Le Bayon. L’impact juridique et  sociétal est l’objet du livre « La vérité sur les OGM c’est notre affaire » de Corinne Lepage publié par les éditions Charles Léopold Mayer.
Par la suite, au point de vue scientifique nous aurons à continuer à étudier tous les résultats de cette étude et cela fera vraisemblablement l’objet  de 5 ou 6 publications scientifiques.
Propos recueillis par Vianney Poissonnier 

Les OGM ne seront pas étiquetés

Par Lise Bergeron

Mise en ligne : 05 avril 2012

Le gouvernement du Québec dit non à l’étiquetage des OGM. Un dur coup pour ceux qui, comme Greenpeace, y croyaient encore.
Photo: shutterstock
Québec avait 30 jours pour répondre à la pétition déposée par le député Éric Caire à l’Assemblée nationale en février 2012. Voilà qui est fait. Et les nouvelles ne sont pas bonnes pour les 15 000 signataires de la pétition, qui réclamaient l’étiquetage des aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) invoque trois raisons pour justifier son refus:

  • peu d’aliments sont concernés,
  • le système de traçabilité serait lourd à implanter,
  • et le Québec aurait été le seul endroit en Amérique du Nord à appliquer une telle règle.

Le ministre Pierre Corbeil s’en remet aussi au fédéral, puisque c’est Santé Canada qui autorise la mise en marché des OGM.

Patate chaude
Pour Greenpeace, qui fait partie du Regroupement québécois contre les OGM (RQcOGM), la pilule ne passe pas: «Quarante pays ont adopté l’étiquetage des OGM, c’est donc faisable. L’étiquetage repose sur la traçabilité des OGM, et les tests de détection sont faits sur les ingrédients de base. Il existe déjà des codes-barres qui permettent aux supermarchés de retracer l’origine des aliments jusqu’aux champs. La vraie raison du refus d’étiqueter, c’est que les industriels des OGM savent que si les consommateurs avaient le choix, ils achèteraient moins d’aliments OGM. Le seul moyen d’avoir un marché pour les OGM consiste à les cacher!» s’insurge Éric Darier, directeur de la division québécoise de Greenpeace. Le refus de Québec est d’autant plus mal reçu que le gouvernement s’était engagé à rendre l’étiquetage obligatoire en 2003.

De son propre aveu, Québec est coincé entre l’arbre et l’écorce: «Le MAPAQ doit prendre en considération non seulement les attentes des consommateurs, mais également celles de l’industrie et de ses partenaires commerciaux, notamment le Canada et les autres provinces», écrit Pierre Corbeil dans sa réponse à la pétition.

Mais pourquoi donc craindre les OGM?
«À l’heure actuelle, rien ne prouve que les OGM sont sécuritaires pour la santé et l’environnement, souligne Éric Darier. La majorité des OGM sont des plantes pesticides ou des plantes tolérantes aux herbicides. Cela rend l’agriculture et l’alimentation encore plus dépendantes des produits toxiques. Il y a maintenant des super mauvaises herbes tolérantes aux herbicides qui poussent parmi les plantes génétiquement modifiées. Les fabricants d’OGM songent même à revenir à l’agent orange, qui est hyper toxique, pour les neutraliser.»

Pendant ce temps, aux États-Unis…
C’est par le biais de la campagne Just Label It! We Have the Right to Know (en anglais seulement) que la résistance aux OGM s’organise chez nos voisins du Sud. Appuyés par plus de 500 organisations, les militants ont fait parvenir un million de signatures à la Food and Drug Administration (FDA) à la fin de 2011. «Un record historique», notent les organisateurs de la campagne.

La FDA, qui avait jusqu’au 27 mars 2012 pour y répondre, dit toujours étudier la question. Comme ici, les instances réglementaires étatsuniennes sont piégées par leur propre définition selon laquelle un aliment qui contient des OGM ne diffère pas en substance de son pendant sans OGM. C’est ce principe qui dispense les fabricants d’OGM de réaliser des études d’impacts à long terme, tant au Canada qu’aux États-Unis.

Malgré cela, les États du Vermont et de la Californie étudient actuellement la question de l’étiquetage. La France, de son côté, continue de résister. L’étiquetage des OGM y sera obligatoire à partir de juillet 2012, et le moratoire sur le maïs OGM vient tout juste d’y être reconduit pour une autre année.

En savoir plus

Ce logo identifie les produits sans OGM. 
Une autre façon de choisir des produits sans OGM consiste à acheter bio.

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