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Mise en garde: Advil, Motrin et Voltarène augmenteraient le risque de maladies cardiovasculaires

10 juin 2010 – L’usage d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) – qu’ils soient offerts sur ordonnance (Voltarène®) ou en vente libre (Advil® ) – ferait augmenter le risque de souffrir demaladies cardiovasculaires. On s’en doutait, mais voilà que les résultats d’une vaste étude danoise le confirment.
L’étude a été menée auprès de plus de 1 million de sujets en bonne santé, suivis durant 9 ans.
Les chercheurs rapportent notamment que la consommation de diclophénac (Voltarène®), un anti-inflammatoire dont l’usage est très répandu, a fait augmenter de 91 % le risque relatif des décès associés à un trouble cardiovasculaire. En comparaison, le rofécoxib (Vioxx®), un AINS aujourd’hui retiré du commerce en raison du risque cardiovasculaire qu’on lui attribue, était responsable d’une augmentation de 66 % des décès attribuables à des troubles cardiovasculaires chez les sujets de l’étude danoise.
Les résultats de l’étude indiquent également que l’usage d’ibuprofène (Advil®, Motrin® et génériques) était associé à une augmentation de 29 % du risque relatif de subir un accident vasculaire cérébral(AVC) fatal ou non.
Quant au célécoxib (Célébrex®), un AINS de la famille des inhibiteurs de la COX-2 – comme le Vioxx® – les auteurs de l’étude rapportent n’avoir trouvé qu’une tendance, non significative sur le plan statistique, à l’augmentation des troubles cardiovasculaires. Ils soulignent cependant que le nombre d’utilisateurs de ce médicament était trop faible dans cette étude pour que les résultats soient fiables.
Par ailleurs, les chercheurs font observer que le naproxène (Anaprox®, Naprosyn®) pourrait être, parmi les AINS, l’anti-inflammatoire le moins dommageable sur le plan du risque cardiovasculaire. Mais on ne dispose encore d’aucune certitude absolue à cet égard et la prudence demeure de mise, selon les auteurs.
Même s’il s’agit de risques relatifs, donc peu élevés, les auteurs de l’étude croient qu’ils sont quand même importants et que les gens qui consomment des anti-inflammatoires doivent en être informés.

Faut-il cesser l’usage d’anti-inflammatoires?

Le pharmacien Jean-Yves Dionne estime que « ces résultats confirment, dans la population, ce qu’on avait observé sur les cellules dans des essais in vitro : quand on bloque l’expression de l’inflammation à l’aide d’un AINS, elle réapparaît autrement ».
Faut-il donc cesser de consommer ces anti-inflammatoires? « Pas nécessairement, dit-il. Ils peuvent être utiles pour soulager la douleur dans les cas d’inflammation aiguë. Le problème survient lorsqu’il s’agit d’inflammation sous-jacente ou chronique. Il vaut alors la peine de considérer plutôt une approche à long terme de prévention de l’inflammation systémique en modifiant son mode de vie, notamment son alimentation. Consommer davantage d’oméga-3, d’huile d’olive et de noix, dugingembre et du curcuma, etc. Réduire sa consommation d’oméga-6 (huiles de soya, de maïs, de tournesol, etc.) et de viande rouge. »
Rappelons que l’inflammation chronique est elle-même associée à un risque accru de troubles cardiovasculaires.
Pierre Lefrançois – PasseportSanté.net
1. Fosbøl EL, Folke F et alCause-Specific Cardiovascular Risk Associated With Nonsteroidal Antiinflammatory Drugs Among Healthy IndividualsCirculation: Cardiovascular Quality and Outcomes, juin 2010. (publication électronique anticipée – pas encore répertorié dans Medline).

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Advil, Tylénol, Aspirin: quelles sont les différences et pour quels maux les prendre?

7 mai 2010 – Qui ne prend pas, à l’occasion, des analgésiques de marque Tylénol®, Advil®, Motrin® ou Aspirin®? Bien qu’ils soient tous en vente libre, chacun de ces analgésiques a ses propriétés spécifiques lorsque vient le moment de soulager un symptôme en particulier.
Selon le pharmacien Jean-Yves Dionne1, l’usage des analgésiques doit servir à traiter des maux mineurs.
« Ces médicaments en vente libre sont là pour soulager une douleur aiguë ou récurrente, et non pas une douleur chronique : pour traiter un problème majeur, il faut consulter son médecin », précise-t-il.
Trois grandes catégories
Il existe 3 grands types d’analgésiques sur les tablettes :
  • l’acétaminophène (Tylénol®, par exemple);
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens (l’ibuprofène comme Advil® et Motrin®, ou l’acide acétylsalicylique, comme Aspirin®);
  • les produits topiques, qu’on applique sur la peau (Myoflex®, Antiphlogistine®, etc.) et qui ont une double action : les analgésiques et les rubéfiants (chaleur).

À chaque douleur son analgésique?

Voici un aperçu des maux qu’on peut soulager avec de l’acétaminophène ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène ou acide acétylsalicylique).
Mal de tête ou céphalée : l’acétaminophène, l’ibuprofène et l’acide acétylsalicylique ont tous la même efficacité.
Migraine : au moment de l’aura, l’ibuprofène peut atténuer le mal. Après, les analgésiques sont inutiles.
Gueule de bois
Pour soulager un mal de tête après avoir bu trop d’alcool, il est préférable de prendre de l’ibuprofène (Advil®, Motrin®, ou un générique). L’acide acétylsalicylique (Aspirin® ou un générique) irrite l’estomac, et l’acétaminophène (Tylénol® ou un générique) solliciterait trop votre foie déjà bien occupé.
Sinusite : tous les produits combinant l’acétaminophène ou l’ibuprofène avec un décongestionnant soulagent avec la même efficacité. Cependant, ils ne permettent pas de traiter la sinusite. Attention : le décongestionnant contient de la pseudoéphédrine, une substance qu’il faut éviter si on souffre d’hypertension.
Muscles endoloris, maux de dos, courbatures : tous les analgésiques réduisent la douleur qui survient à la suite d’un rhume ou d’un effort physique. Mais s’il s’agit d’un spasme musculaire, il faut privilégier un anti-inflammatoire combiné à un relaxant musculaire à base de méthocarbamol (Robax Platinum®, par exemple).
Douleurs articulaires : si les douleurs sont attribuables à une blessure, il faut alors diminuer l’inflammation. Pour ce faire, on utilise d’abord de la glace (de 10 à 15 minutes toutes les heures ou les 2 heures). Par la suite, on prendra un anti-inflammatoire en suivant la posologie.
À noter : on reconnaît l’inflammation à 3 signes :
  • rougeur
  • chaleur
  • enflure
S’il s’agit d’une douleur chronique attribuable à une tendinite ou à une bursite, par exemple, l’acétaminophène est à privilégier puisque l’inflammation n’est pas en cause.
« On peut aussi prendre de l’extrait de saule, dans la section des produits naturels : ça marche et ça évite les problèmes d’estomac », précise Jean-Yves Dionne.
Arthrose et arthrite rhumatoïde : parce que les douleurs arthritiques ne sont pas attribuables à l’inflammation, on choisira plutôt l’acétaminophène.
Attention : l’usage topique de diclofénac (ou Voltaren®), vendu sur ordonnance, est associé à une accélération de l’arthrose, d’après le pharmacien Jean-Yves Dionne.
À noter également que l’usage d’acétaminophène ne guérit pas l’arthrose ou l’arthrite : il ne fait qu’atténuer la douleur.
Douleurs menstruelles : pour un soulagement rapide, tous les produits analgésiques s’équivalent, avec une légère préférence pour les anti-inflammatoires.
Mais à plus long terme, la prise d’un supplément d’oméga-3 riche en acide eicosapentaénoïque (AEP) peut être utile. « L’AEP diminue l’inflammation à long terme et, après 2 ou 3 cycles menstruels, peut réduire les douleurs », d’ajouter le pharmacien.
Mal de dents : l’ibuprofène est plus efficace que l’acétaminophène, en raison de son action anti-inflammatoire. Du côté des produits de santé naturels, l’huile de clou de girofle peut aussi être efficace.

Produit original ou générique?

Sur le plan pharmacologique, les produits génériques (ou maison) sont censés être aussi efficaces, puisqu’ils ont une composition « bioéquivalente », selon Jean-Yves Dionne.
Mais, le produit original est lié à une connotation psychologique qui favorise l’effet placebo « qui fait partie de tout traitement qui fonctionne », soutient-il. « De sorte que si vous estimez que le produit original est plus efficace pour vous, pourquoi vous en priver? »

Attention au risque de toxicité

Enfin, malgré leur utilité, les analgésiques peuvent être contre-indiqués et toxiques, dans certains cas. D’où l’importance de prendre le temps de lire les étiquettes de ces produits.
  • Surdose d’acétaminophène : risque d’endommager le foie de façon irréversible, en raison du phénomène de nécrose hépatique. Ne pas dépasser les dosages.
  • Surdose d’anti-inflammatoire : risque irritation, ou même d’ulcère de l’estomac, en surdosage aigu. Si le surdosage est fréquent, on risque des problèmes d’irritation du système digestif et des ulcères.
Martin LaSalle – PasseportSanté.net
1. Cet article résume 2 capsules audio-balado réalisées avec Jean-Yves Dionne. La première balado traite des différences entre les types d’analgésiques. Pour l’écouter : http://medias.passeportsante.net/balado/capsule_sante-jyd-2010.mp3. La deuxième balado – qui sera en ligne le lundi 10 mai – indique quels analgésiques privilégier selon les symptômes.

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