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La vue après 45 ans


Cataracte, glaucome, presbytie… Les troubles de la vue sont monnaie courante après l’âge de 45 ans. Ils sont une conséquence directe de l’allongement de l’espérance de vie : certains organes, comme l’œil, fonctionnent de manière optimale entre 10 et 15 ans, puis déclinent inévitablement d’années en années. Retour sur les différents problèmes de vue liés à l’âge et les moyens d’y faire face.

La presbytie

Les personnes de plus de 45 ans doivent s’y résoudre avec regret : passé cet âge, il n’est en général plus possible de lire confortablement sans correction. On appelle cela la presbytie. Tout le monde est un jour destiné à connaître cet inconfort, car la presbytie n’est pas une maladie : c’est un vieillissement normal de l’œil et de ses composants.  On estime qu’elle concerne 40% de la population française et 30% de la population québécoise, conséquence logique du vieillissement de la population. Selon les régions du globe, le début de la presbytie varie entre 35 et 50 ans.
Les symptômes
Les premiers symptômes de la presbytie sont souvent ressentis aux alentours de 40 ans, à l’occasion d’une lecture où l’éclairage est insuffisant. Par la suite, la sensation d’une gêne visuelle de près et le besoin de « forcer » la lecture sont caractéristiques. Le presbyte a souvent tendance à éloigner son livre ou journal, et c’est sans doute le symptôme le plus révélateur.
Ainsi, à 45 ans, on est généralement incapable de voir distinctement à moins de 30 cm, et cette distance passe à un mètre à l’âge de 60 ans. Ce déclin progressif est d’autant plus rapide que l’on évolue dans un environnement qui exige beaucoup d’activité visuelle (lecture, écriture, écrans…).
Les causes
Cataracte
L’œil est un organe complexe qui permet d’obtenir une image de l’environnement qui nous entoure. Que l’on regarde de près ou de loin, l’image nous apparaît toujours nette, et ce grâce à une lentille naturelle que l’on appelle lecristallin. Situé derrière la pupille, le cristallin permet la mise au point de l’image, comme le fait l’autofocus d’un appareil photo. Lorsqu’on regarde au loin, le cristallin s’étire sous l’effet du relâchement des muscles ciliaires qui le soutiennent. En revanche, lorsque l’on regarde un objet de près, ces muscles se contractent pour gonfler le cristallin. Ce reflexe naturel se nomme l’accommodation ; il n’est pas perceptible par l’homme.
Plus les années passent, plus les muscles ciliaires perdent en élasticité. Après 45 ans, les effets de cette transformation commencent à se faire ressentir. Les muscles ciliaires se contractant moins, le cristallin est moins bombé et la mise au point n’est plus optimale. C’est ainsi que la vision de près devient floue. Parallèlement, le cristallin se sclérose et durcit. Son grossissement (20 µm par an) rend la contraction plus difficile et ne permet plus au cristallin de « désaccomoder » efficacement.
Comment la prévenir ?
Il n’existe aucun moyen de prévenir la presbytie car elle est inéluctable. Après une évolution progressive, elle se stabilise vers 65 ans. Le presbyte doit donc changer ses lunettes tous les 2 ou 3 ans, offrant ainsi l’opportunité de dépister précocement une autre affection oculaire, comme la cataracte ou le glaucome.

La cataracte

La cataracte est aussi un trouble de la vision lié à l’âge qui touche le cristallin. Avec le temps, il perd de sa transparence et les rayons lumineux parviennent moins bien à la rétine. Cette opacification semble due aux radicaux libres, des substances produites par l’organisme contribuant au vieillissement.
Les symptômes

Cataracte
Lorsque les symptômes de la cataracte apparaissent, celles-ci est déjà avancée :
§  Une vue qui paraît de plus en plus embrouillée.
§  Une vision double ou un éblouissement plus facile en présence de lumières vives.
§  Une perception fade et moins vive des couleurs.
§  Une vision voilée. Les objets nous apparaissent comme s’ils étaient derrière un voile blanc.
Il faut noter que la cataracte est indolore. La majorité des personnes de plus de 65 ans souffrent d’un début de cataracte. Généralement, elle n’occasionne alors pas de gêne visuelle trop importante mais elle tend à s’aggraver avec l’âge. Après 75 ans, les deux tiers de la population ont une cataracte qui nuit à leur vision.
Comment la prévenir ?
La cataracte est un phénomène naturel qui accompagne le vieillissement mais certaines mesures permettent de ralentir leur développement :
§  Ne pas fumer.
§  Protéger ses yeux du soleil. Il est important de porter un chapeau et des lunettes de soleil assurant une protection contre les rayons UVA et UVB.
§  Manger suffisamment de fruits et de légumes. Les antioxydants empêchent les réactions en chaîne néfastes provoquées par les radicaux libres, en cause dans la cataracte.
§  Consommer de la lutéine. Antioxydant puissant, on la retrouve dans les légumes verts comme le chou, l’épinard et le brocoli. Une consommation d’au moins 6 mg par jour réduirait de 20% à 50% le risque d’opération de la cataracte. Consulter la fiche Lutéine pour en connaître les meilleures sources.
§  Contrôler sa glycémie en cas de diabète. Les personnes diabétiques doivent suivre de près leur glycémie, leur pression sanguine et leur taux de cholestérol afin de prévenir les troubles oculaires. Voir à ce sujet la fiche Complications du diabète.
Et la guérir ?
Lorsque la cataracte commence à se former et que les symptômes ne sont pas trop incommodants, la vision peut être améliorée par des mesures simples :
§  Porter des lunettes avec des verres antireflet pour atténuer l’éblouissement ;
§  Avoir une prescription de lentilles adéquate : la vision est souvent modifiée au fur et à mesure que la cataracte progresse; si c’est votre cas, consultez un optométriste afin qu’il ajuste les lentilles de vos lunettes ou de vos verres de contact ;
§  S’assurer d’avoir un éclairage suffisant pour mener ses activités d’intérieur.
Aucun traitement ne peut restaurer la transparence d’un cristallin opacifié. Lorsque la cataracte est à un stade plus avancé, au point d’altérer la qualité de vie, la seule option thérapeutique consiste en l’ablation chirurgicale du contenu du cristallin et son remplacement par une lentille malléable synthétique. Couramment pratiquée, cette intervention améliore nettement la vision chez plus de 90 % des gens.

Le glaucome

Le glaucome est une maladie de l’œil qui touche 10% des personnes âgées de plus de 70 ans. C’est la deuxième cause de cécité dans le monde après la cataracte. Cependant, contrairement à celle-ci, il n’existe pas de traitement curatif contre le glaucome.  L’acuité visuelle perdue en raison d’un glaucome ne peut donc être retrouvée.
Les symptômes
Cataracte
Bien souvent, les personnes atteintes d’un glaucome sont sans symptômes durant une vingtaine d’années. Puis la vue périphérique apparaît embrouillée (les deux yeux sont atteints). Parfois, des douleurs oculaires et des maux de tête peuvent survenir. Comme la maladie progresse, il faut consulter au plus vite, sous peine de voir apparaître l’ultime symptôme : la cécité.
Il existe un autre type de glaucome, appelé « à angle fermé » mais celui-ci arrive beaucoup plus rarement. Il se caractérise par une douleur oculaire très forte et une vision soudainement floue. En général, la crise n’atteint qu’un œil. Dans ce cas, il est impératif de se rendre à l’hôpital le plus proche.
Les causes

Glaucome
Le glaucome est la conséquence de dommages au nerf optique. La plupart du temps, il survient à la suite de l’élévation de la pression à l’intérieur de l’œil (pression intraoculaire). En situation normale, celle-ci n’excède jamais 21 mmHg.
Toutefois, il peut arriver que la pression dans l’œil soit normale et qu’un glaucome survienne malgré tout. On pense que cela est causé par un moins bon apport sanguin vers le nerf optique, qui serait du à l’athérosclérose.
Pourquoi la pression monte-t-elle?

À l’intérieur de l’œil, entre la cornée et l’iris, se trouve un espace appelé chambre antérieure (cliquez sur le schéma interactif ci-dessus). Cet espace est rempli d’un liquide appelé « humeur aqueuse ». Ce liquide transparent exerce plusieurs fonctions : il maintient la pression intraoculaire, donne sa forme au globe oculaire et nourrit le cristallin. L’humeur aqueuse est constamment renouvelée et circule dans l’œil.

En cas de glaucome, une diminution de l’excrétion de l’humeur aqueuse par sa voie de sortie se produit. L’excrétion du liquide est ralentie de façon progressive (ou bloqué dans le cas d’un glaucome à angle fermé) et la pression augmente petit à petit. Le nerf optique est alors affecté, rendant certaines régions de la rétine insensibles à la lumière.
Comment la prévenir ?
Les personnes âgées de plus de 40 ans ont tout intérêt à subir un examen complet de la vue tous les 2 ou 3 ans. Plus le glaucome est dépisté tôt, moins les pertes visuelles seront grandes. Il n’y a pas de recette miracle pour éviter le glaucome : adopter de saines habitudes de vie, maintenir un poids santé et une pression artérielle normale (Pour plus de détails, lire la fiche Glaucome).

La dégénérescence maculaire

Bien qu’il existe une forme héréditaire de cette maladie, la dégénérescence maculaire touche surtout les personnes âgées de plus de 55 ans. On la désigne alors par les initiales DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age). Environ 1 personne sur 7 âgée de 55 ans à 64 ans en est atteinte, et 1 sur 3 chez les plus de 75 ans. La dégénérescence maculaire entraîne une perte progressive et parfois importante de la vision centrale, qui devient de plus en plus floue.
Les symptômes
D’abord asymptomatique, la maladie évolue progressivement jusqu’à donner des symptômes caractéristiques, mais n’occasionne jamais de douleur.
§  Une vision centrale de plus en plus floue, qui se remarque d’abord à la lecture.
§  Une distorsion possible des lignes droites de près comme de loin.
§  Une adaptation lente après un éblouissement par une lumière vive.
§  Une perception altérée des couleurs, qui paraissent plus ternes.
Au stade le plus avancé, une petite tache sombre au centre du champ visuel et une difficulté à reconnaître les visages surviennent. La dégénérescence maculaire se détecte grâce au test de la grille d’Amsler. Il vous est possible de le faire de chez vous en cliquant sur l’image ci-dessus et en suivant les instructions. Il s’agit d’un tableau quadrillé au centre duquel se trouve un point, que l’on doit fixer. Si les lignes paraissent floues ou déformées ou que le point central est remplacé par un trou blanc, c’est un signe de dégénérescence maculaire liée à l’âge.
Les causes
Grille de Amsler
La macula est une petite zone située au centre de la rétine qui permet la vision centrale ; c’est l’endroit où l’acuité visuelle est la plus précise. Les personnes touchées par une DMLA ont de petites lésions jaunâtres dans leur macula, qu’on appelle des druses. Ils sont formés du fait d’une mauvaise élimination des pigments visuels. Ceux-ci sont censés se renouveler constamment mais chez les personnes atteintes, ils s’accumulent dans la macula, empêchant les vaisseaux sanguins d’irriguer la zone. La vue centrale est donc altérée.
Chez 1 personne sur 10, la dégénérescence s’aggrave. De nouveaux vaisseaux sanguins se forment sous la rétine et du sang peut s’échapper et endommager davantage la macula. La perte de vision est alors très rapide et peut être définitive si ce symptômes n’est pas traité à temps.
Comment la prévenir
Malheureusement, les dommages déjà causés à la macula sont la plupart du temps irréversibles. C’est pourquoi il est important de détecter la dégénérescence maculaire le plus tôt possible. Ainsi, cela permet de préserver un maximum de vision.
Il est également possible de la prévenir :
§  Ne pas fumer. Les fumeurs courent de 2 à 3 fois plsu de risques d’être un jour atteint de cette afection.
§  Faire de l’exercice physique. Il améliore et protège la santé cardiovasculaire, ce qui permet de prévenir la dégénérescence maculaire.
§  Manger des aliments riches en antioxydants. . Les antioxydants, présents dans les fruits et légumes frais, protégeraient la rétine. Les légumes vert foncé (brocoli, épinards, chou vert…), riches en lutéine, sont particulièrement bénéfiques.
§  Ne pas négliger les oméga-3. Ces acides gras, que l’on retrouve surtout dans les poissons d’eau froide, pourraient réduire le risque de DMLA.
§  Limiter les gras saturés. Ces acides gras (beurre, crème, graisse de canard, saindoux…) contribuent à la formation de plaques de lipides sur la paroi des artères.
§  Éviter le plus possible de manger des aliments qui sont passés sur le gril, puisqu’ils ont un effet pro-oxydant.
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