Category Archives: diabète

Concilier diabète et activité physique, un équilibre à trouver

C’est un message que l’on nous apprend à l’école : “bien manger et faire de l’exercice”. Si ces conseils sont importants pour quiconque souhaite rester en bonne santé, ils sont impératifs pour les plus de 300 millions de personnes atteintes de diabète. Diverses études ont confirmé que le diabète et ses complications peuvent être considérablement retardés ou prévenus par une activité physique régulière et une alimentation saine. Les muscles activés utilisent les sucres et matières grasses emmagasinés et stimulent le foie, qui libère du glucose.
D’ordinaire, les niveaux de glucose dans le sang sont correctement maintenus durant l’activité physique. Cependant, définir une activité physique appropriée pour un diabétique n’est pas si simple. Puisque le diabète perturbe les voies de la libération et de la répartition des sucres, l’activité physique peut mener à des déséquilibres dangereux du taux de sucre dans le sang. Les personnes diabétiques qui ont besoin de s’injecter de l’insuline (une hormone essentielle qui régule le glucose) sont particulièrement vulnérables à ces changements.
Les complications de la maladie rendent délicate l’activité physique pour les personnes atteintes de diabète. Il augmente la quantité de sucre circulant naturellement dans le sang, ce qui peut endommager les tissus de l’organisme. En conséquence, les personnes atteintes de diabète développent des lésions cardiaques, nerveuses et oculaires progressives. Ainsi, une personne ayant des lésions nerveuses au niveau des pieds peut perdre la sensation et ne pas sentir qu’une ampoule se développe, pouvant se transformer en un ulcère ou une infection. Les activités physiques à forte intensité peuvent être ainsi contre-indiquées car sources de complications.
“CORRECTEMENT PRATIQUÉ, LES BÉNÉFICES DU SPORT SONT NOMBREUX”
Les personnes diabétiques doivent d’abord discuter avec leur médecin sur le type d’exercice à faire, la fréquence, le suivi, notamment des contrôles réguliers de la glycémie, des yeux et des pieds. Correctement pratiqué, les bénéfices de l’activité physique sont nombreux. Le plus important est une meilleure maîtrise de la glycémie, en particulier pour les diabétiques de type 2 qui continuent de produire de l’insuline mais sont résistants à ses effets.
Des études ont montré qu’une activité physique régulière peut conduire à une amélioration soutenue de la sensibilité du métabolisme et de l’insuline. Il peut également réduire la pression artérielle, le cholestérol et les chances de développer une maladie cardiovasculaire. En conséquence, l’activité physique est un élément important de la gestion du diabète. Des athlètes souffrant de diabète, comme le marathonien Missy Foy ou le champion olympique de volley-ball Bas Van de Goor, ont fait beaucoup pour briser les barrières et dissiper les idées fausses. Ainsi, si choisir la bonne activité physique et s’y tenir peut être un défi pour les personnes à risque ou atteintes de diabète, le jeu en vaut largement la chandelle.
La Fédération internationale du diabète a pour but de promouvoir les soins, la prévention et la guérison du diabète à travers le monde. Le sport représente un potentiel intéressant au cœur de sa stratégie. Retrouvez l’intégralité de cet article sur le site de Sport et Citoyenneté.

Leonor Guariguata, biostatisticienne, Fédération internationale du diabète

>Des médicaments contre l’hypertension et le diabète font prendre du poids

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16 mars 2011 – Un type de médicament couramment prescrit aux personnes souffrant d’hypertension, de diabète et de troubles cardiovasculaires, les bêta-bloquants, entraîne un gain de poids à long terme, confirment 4 études australiennes.
Dans chacune des études, menées par la même équipe de chercheurs, on a comparé le gain de poids chez des patients traités aux bêta-bloquants et des témoins qui ne l’étaient pas. En tout, les études ont porté sur 11 468 sujets souffrant d’hypertension artérielle ou de diabète.
Les résultats indiquent que, comparés aux groupes témoins, ceux qui prenaient des bêta-bloquants affichaient systématiquement un poids supérieur. La différence entre les 2 groupes variait de 5 kg à 20 kg, selon les études, et était toujours significative sur le plan statistique.

Pourquoi les bêta-bloquants font-ils grossir?

Dans l’une des études, menée auprès de 30 sujets, les auteurs ont mesuré la thermogenèse2 (chaleur physiologique) consécutive à un repas et le niveau d’activité physique des sujets, qu’ils soient ou non traités aux bêta-bloquants. Les résultats indiquent que, chez les sujets traités, la thermogenèse était réduite de moitié par rapport à celle que l’on pouvait observer chez les autres. Par ailleurs, le niveau d’activité physique des sujets traités était inférieur de 30 % comparé à celui des sujets non traités.
Les chercheurs en concluent que les bêta-bloquants tendent à réduire la thermogenèse, ce qui cause une accumulation plus importante de corps gras dans les tissus, de même qu’une oxydation accrue des matières grasses dans l’organisme. Une thermogenèse réduite et une oxydation accrue des matières grasses engendrent davantage de fatigabilité à l’effort, ce qui expliquerait que les sujets traités aux bêta-bloquants tendent à faire moins d’exercice.
Selon les chercheurs, les patients qui doivent prendre des bêta-bloquants à long terme devraient redoubler de vigilance quant à leur poids en surveillant de près leur alimentation et en faisant davantage d’exercice. Il est possible aussi de demander à son médecin d’employer un autre type de médicament, ou l’un des bêta-bloquants de la toute dernière génération, qui seraient moins antithermogéniques que les anciens.
Pierre Lefrançois – PasseportSanté.net
1. Lee P, Kengne AP, Greenfield JR et al. Metabolic sequelae of β-blocker therapy: weighing in on the obesity epidemic?Int J Obes (Lond). 2011 Feb 8.
2. Thermogenèse : chaleur physiologique qui permet notamment de brûler les calories et les graisses.

L’extrait de noix de cajou: un traitement prometteur contre le diabète?

L'extrait de noix de cajou: un traitement prometteur contre le diabète?
29 juillet 2010 – L’extrait de noix de cajou aurait des propriétés prometteuses pour traiter le diabète. Il stimulerait l’absorption du sucre sanguin, selon un essai préliminaire réalisé par des chercheurs québécois et camerounais1.
Les chercheurs ont voulu valider l’utilisation des produits de l’anacardier (cajou) dans la médecine traditionnelle pour traiter différentes maladies, dont le diabète. Ils ont analysé les effets antidiabétiques de l’écorce, des feuilles, des noix et des fruits de l’anacardier dans des cellules musculaires cultivées en laboratoire, c’est-à-dire au stade in vitro.
Résultats : seul l’extrait de noix de cajou a démontré des effets significatifs pour stimuler l’absorption de sucre sanguin par les cellules musculaires. Son activité s’apparenterait même à celui de la metformine qui est un glucophage qu’on utilise déjà dans le traitement du diabète.
« Bien que très préliminaire, l’impact des résultats de notre étude encourage fortement l’étude des composés de l’anacardier et l’extrait de noix de cajou pour développer de nouveaux traitements oraux », note Pierre S. Haddad2, un des auteurs de l’étude.
Même si les autres produits de l’anacardier n’ont pas eu d’effets significatifs dans les cellules musculaires en culture, il croit qu’il faut poursuivre l’étude sur d’autres organes, notamment le pancréas, les graisses et le foie.
« Il faut faire confiance à la médecine traditionnelle, car les gens n’auraient pas choisi la feuille ou l’écorce si ça n’avait pas d’effet bénéfique. Il est possible que ces parties n’aient pas eu d’effets sur les cellules musculaires en laboratoire, mais elles auront peut-être des effets ailleurs sur d’autres organes », estime le chercheur, qui est aussi professeur titulaire au Département de pharmacologie à l’Université de Montréal.
Pierre S. Haddad met en garde les gens qui seraient portés à croire qu’ils auront le même effet antidiabétique s’ils consomment des noix de cajou entières. L’extrait de la noix de cajou ne contient plus les protéines, les gras et les sucres et devient donc moins calorique qu’une noix de cajou entière, précise-t-il.
Carole Boulé – PasseportSanté.net
1. Tedong L, Madiraju P et alHydro-ethanolic extract of cashew tree (Anacardium occidentale) nut and its principal compound, anacardic acid, stimulate glucose uptake in C2C12 muscle cells, Mol Nutr Food Res. 2010 Jul 5.
2. Pierre S. Haddad est directeur de l’Équipe de recherche sur les médecines autochtones antidiabétiques des IRSC.

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Remplacer le riz blanc par le riz brun aiderait à prévenir le diabète de type 2

24 juin 2010 – Manger 5 portions ou plus de riz blanc par semaine augmenterait le risque d’être atteint de diabète de type 2. À l’inverse, inclure 2 portions ou plus de riz brun dans sa diète hebdomadaire le réduirait. C’est ce que révèle une équipe de chercheurs de l’École de santé publique de l’Université Harvard.
Les chercheurs ont suivi le régime alimentaire de 157 463 femmes et de 39 765 hommes durant une période de 12 ans à 16 ans. Les participants ont également répondu à des questions sur leur mode de vie et leur état de santé.
Les gros consommateurs de riz blanc (5 portions ou plus par semaine) ont été 17 % plus nombreux à être atteints de diabète de type 2 pendant la durée de l’étude que ceux qui mangeaient du riz blanc moins de 1 fois par mois. En contrepartie, les gros consommateurs de riz brun (2 portions ou plus par semaine) ont vu leurs risques diminuer de 11 % lorsqu’on les comparait aux individus qui mangeaient peu ou pas de riz brun.
Selon les résultats de l’étude, il suffirait de remplacer 50 g de riz blanc par jour (le tiers d’une portion) par une quantité équivalente de riz brun pour réduire de 16 % ses risques de souffrir de diabète de type 2. Opter pour le blé ou l’orge serait encore plus avantageux, permettant de diminuer les risques de 36 %.
Le processus de raffinage qui transforme le riz brun en riz blanc détruit la majeure partie des fibres du grain. Voilà tout le problème. Selon certaines études, les fibres accroîtraient la sensibilité à l’insuline et donc diminueraient le risque de diabète de type 2. La transformation du grain appauvrit également le riz en vitamines et minéraux essentiels, dont le magnésium. Or, certaines recherches ont montré que la prise de magnésium aiderait à prévenir la maladie.
Dominique Forget – PasseportSanté.net
1. Sun Q, Spiegelman D, White rice, brown rice, and risk of type 2 diabetes in US men and womenArch Intern Med. 2010 Jun 14;170(11):961-9.

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La chirurgie bariatrique: une solution à l’épidémie d’obésité et de diabète?

6 mai 2010 – La chirurgie bariatrique se présente comme la solution la plus prometteuse pour contrer l’épidémie d’obésité, d’obésité morbide et de diabète de type 2, affirme le Dr Nicolas Christou.

Dr Nicolas Christou
Le Dr Christou préside le Premier sommet canadien sur la chirurgie métabolique1qui se déroule à Montréal les 6 et 7 mai. Il est aussi professeur de chirurgie à la Faculté de médecine de l’Université McGill et directeur de la chirurgie bariatrique au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).
Le taux de réussite pour ce type de chirurgie est très élevé, de 80 % à 100 % des cas, soutient le Dr Christou. « Seulement 3 semaines après l’opération, l’un de mes patients a vu sa pression sanguine diminuer, son taux glycémique revenir à la normale, son apnée du sommeil et ses douleurs articulaires disparaître. »
Les patients aux prises avec un problème d’obésité morbide (surpoids de plus de 100 lb) ou ceux avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 35 devraient être les premiers sur la liste, mentionne Nicolas Christou. Selon lui, une chirurgie de ce genre coûte au système de santé environ 20 000 $ par patient. « Une dépense qui est complètement absorbée en 4 ans », avance-t-il.
La chirurgie bariatriquecomprend 2 types d’intervention. La première consiste à réduire le volume de l’estomac. La seconde dévie le tube digestif pour diminuer le temps d’absorption intestinale. La perte de poids associée à ces interventions représente généralement de 30 % à 50 % du poids initial.
Il déplore qu’actuellement, au Canada et au Québec, les listes d’attente pour ce type d’intervention s’allongent au profit d’autres cas jugés plus urgents, tandis que les complications liées au diabète de type 2 et à l’obésité coûteront 19,2 milliards $ en 2020, selon les chiffres de l’Association canadienne du diabète2.
L’Hôpital de Lachine, attaché au CUSM, et l’Hôpital Laval, affilié à l’Université Laval, sont les 2 grands centres au Québec où se pratiquent notamment les chirurgies bariatriques.
Danny Raymond – PasseportSanté.net
1. Le Premier sommet canadien sur la chirurgie métabolique s’inscrit dans la foulée du Diabetes Surgery Summit Consensus Conference, une réunion internationale où s’était réunie une cinquantaine de délégués internationaux en 2007, à Rome, pour élaborer les protocoles d’intervention les plus sécuritaires de la chirurgie bariatrique et déterminer un programme pour développer la recherche.
2. Pour en savoir plus : www.diabetes.ca/pensezy/faits. [Consulté le 5  mai 2010]

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Maladies cardiovasculaires: attention au sucre ajouté

29 avril 2010 – Le sucre et les édulcorants naturels ajoutés aux aliments transformés feraient bondir le risque de souffrir demaladies cardiovasculaires en plus de contribuer à l’incidence de l’obésité et du diabète. C’est ce qu’indiquent les résultats d’une étude1 américaine menée auprès de 6 113 adultes suivis durant 7 ans.
Les chercheurs ont évalué, à l’aide de questionnaires, la consommation de sucre ajouté dans l’alimentation de chacun des sujets. Puis, ils ont soumis les participants à des tests visant à déterminer leurs taux de lipides sanguins : cholestérol (HDL et LDL) et triglycérides.
Les résultats indiquent que les sujets dont l’apport en sucre ajouté et en édulcorants représentait 10 % et plus de l’apport calorique global présentaient des taux de cholestérol HDL, le « bon cholestérol », nettement inférieurs à ceux dont l’apport en sucre ajouté ne dépassait pas 5 %.
En fait, la probabilité qu’ils présentent un faible taux de HDL – associé à une hausse du risque cardiovasculaire – augmentait de 50 % à 300 % par rapport aux sujets dont l’apport en sucre ajouté n’excédait pas 5 %. Par ailleurs, les taux sanguins de triglycérides augmentaient systématiquement en fonction de l’apport en sucre ajouté, ce qui est également associé à une augmentation du risque de souffrir de troubles cardiovasculaires.

Glucose, fructose, sirop de maïs…

Le sucre et les édulcorants naturels ajoutés peuvent prendre plusieurs formes : sirop de maïs, dextrose, fructose, glucose, jus de fruits concentrés, miel ou sucrose, pour n’en citer que quelques-unes2. Ces appellations apparaissent dans la liste des ingrédients sur l’emballage des produits.
Ces sucres entrent dans la composition d’une multitude d’aliments transformés, allant des boissons sucrées aux plats préparés, en passant par les conserves, les desserts, le pain, les céréales à déjeuner, etc.
De nombreuses études ont été menées pour déterminer l’impact de la consommation de divers types de corps gras sur les taux de lipides sanguins, mais la présente étude est la première à s’intéresser spécifiquement aux effets du sucre ajouté sur la lipidémie, soulignent les chercheurs.
Selon les auteurs de l’étude, la quantité de sucre ajouté aux aliments transformés a considérablement augmenté au cours des dernières décennies. Ce qui pourrait avoir contribué à l’augmentation de l’incidence des troubles cardiovasculaires aussi bien qu’à l’explosion des cas d’obésité et de diabète.
Pierre Lefrançois – PasseportSanté.net
1. Welsh JA, Sharma A et alCaloric sweetener consumption and dyslipidemia among US adultsJAMA. 2010 Apr 21;303(15):1490-7.
2. Pour en savoir plus, consultez notre Petit glossaire des sucres.

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Diabète: maigrir et bouger, plus efficace que certains médicaments


18 mars 2010 – Maigrir et bouger serait plus efficace que certains médicaments pour réduire le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (AVC) chez les personnes à haut risque d’être atteintes de diabète de type 2.
En fait, 2 médicaments prescrits pour contrôler le diabète – le Diovan et le Starlix – se sont avérés moins efficaces à cet égard que l’adhésion à un programme de saines habitudes de vie. Ce programme consistait à réduire son poids de 5 %, à manger moins de gras saturés et à bouger au moins 150 minutes par semaine à un rythme modéré.
C’est ce que concluent les auteurs de 2 études complémentaires menées dans 40 pays1-2 auprès de 9 300 personnes souffrant d’intolérance au glucose. Certaines personnes (24 %) étaient déjà atteintes d’une maladie cardiovasculaire, les autres étaient à haut risque de le devenir3.
Pendant 5 ans, une moitié des participants devaient prendre l’un ou l’autre des médicaments fabriqués par Novartis Pharma – qui finançait l’étude. Les autres prenaient un placebo.

Des chiffres décevants

Régulièrement prescrit pour réduire la pression chez les diabétiques, le Diovan a diminué de 14 % le risque relatif d’être atteint du diabète. Concrètement, cela signifie qu’il faudrait donner cet antihypertenseur à 1 000 personnes pendant 5 ans pour éviter un seul cas de diabète.
« Ce résultat fait du Valsartan (famille à laquelle appartient le Diovan) le plus faible des médicaments étudiés jusqu’ici [pour prévenir le diabète] », écrit d’ailleurs le Dr David M. Nathan, spécialiste américain du diabète, dans un éditorial publié dans le New England Journal of Medicine4.
En effet, les autres hypertenseurs destinés aux diabétiques réduisent le risque de 25 % à 30 %, selon les essais cliniques cités dans l’étude.
Par ailleurs, le Starlix est un hypoglycémiant de la famille du natéglinide, destiné à contrôler l’équilibre du glucose sanguin. Il serait peu prescrit au Québec, selon le pharmacien Jean-Yves Dionne.
Or, à la grande surprise des auteurs de l’étude, le Starlix n’a pas fait mieux que le placebo pour réduire le risque de devenir diabétique. Pire, il a même augmenté légèrement le risque de devenir hypoglycémique. Par ailleurs, il n’a pas permis de diminuer le nombre de cas d’infarctus ou d’AVC chez les participants.

La clé : un mode de vie plus sain

Comparativement à un programme de saines habitudes de vie tel que décrit plus haut, le Diovan et le Starlix ont fait piètre figure.
Citant une étude américaine5, le Dr Nathan a rappelé qu’une intervention axée sur de saines habitudes de vie abaisse de 58 % le risque de devenir diabétique, après 3 ans d’adhésion au programme.
« Après 10 ans, le risque est toujours 34 % moins élevé chez ceux qui ont modifié leur mode de vie, comparativement à ceux qui ne l’ont pas fait », écrit-il.
C’est pourquoi il insiste sur l’importance de privilégier la réduction du poids et l’augmentation de l’activité physique aux médicaments, chez les personnes à risque de diabète.
Diabète: les facteurs de risque
  • Être en surpoids
  • Être sédentaire
  • Syndrome métabolique (avoir 3 de ces facteurs):
    – une hypertension artérielle (60 % des diabétiques non diagnostiqués font de la haute pression)
    – une obésité abdominale;
    – un taux élevé de triglycérides sanguins; 
    – un faible taux de HDL (bon cholestérol); 
    – une glycémie élevée à jeun.
  • Avoir souffert de diabète gestationnel 
Martin LaSalle – PasseportSanté.net
1. The NAVIGATOR Study Group, Effect of Nateglinide on the Incidence of Diabetes and Cardiovascular EventsNew England Journal of Medicine, publié en ligne le 14 mars 2010, 10.1056/NEJMoa1001122.
2. The NAVIGATOR Study Group, Effect of Valsartan on the Incidence of Diabetes and Cardiovascular EventsNew England Journal of Medicine, publié en ligne le 14 mars, 2010 10.1056/NEJMoa1001121
3. Ces études font partie d’une recherche globale intitulée NAVIGATOR (Nateglinide and Valsartan in Impaired Glucose Tolerance Outcome Research).
4. Nathan DM, Navigating the Choices for Diabetes PreventionNew England Journal of Medicine, publié en ligne le 14 mars 2010, 10.1056/NEJMe1002322.
5. L’Étude se nomme « The Diabetic Prevention Program » ou DPP. À ce sujet, voir aussi notre nouvelle Prévenir le diabète : maigrir d’abord, publiée le 23 octobre 2009.

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Quinoa

Quinoa



Noms communs : quinoa, ansérine quinoa, riz du Pérou, petit riz du Pérou.
Nom scientifique :
Chenopodium quinoa.
Famille :
chénopodiacées.

POURQUOI METTRE LE QUINOA AU MENU?

  • On le trouve souvent moins lourd que les autres grains.
  • Il resplendit dans les salades.
  • Il se prépare en deux temps trois mouvements.

  • Sa teneur en protéines est particulièrement élevée.
  • Il est riche en manganèse, en fer et en cuivre.

Profil santé

Contrairement au riz et au blé, le quinoa n’est pas une graminée. Il est plutôt considéré comme une « pseudo-céréale ». Le quinoa gagne à être connu, car il contient une grande quantité de protéines de haute qualité, des acides gras polyinsaturés et de nombreux micronutriments. Grâce à sa composition nutritionnelle, quelque peu différente de celle des autres céréales, et son goût unique, son inclusion au régime alimentaire permet d’apporter de la variété au menu.

Principes actifs et propriétés

Les produits céréaliers sont d’une grande importance pour notre alimentation. L’une des recommandations alimentaires de Santé Canada pour la santé des Canadiens conseille de donner « la plus grande part aux céréales, pains et autres produits céréaliers ainsi qu’aux légumes et aux fruits »1. Le Guide alimentaire canadien pour manger sainement tient compte de cette recommandation et insiste sur le choix de produits céréaliers à grains entiers ou enrichis2. Les autorités américaines, de leur côté, recommandent qu’au moins la moitié des produits céréaliers consommés soient à grains entiers3.

Ces recommandations sont basées sur les résultats de certaines études épidémiologiques qui indiquent que la consommation de grains entiers serait reliée à un risque moindre de maladies cardiovasculaires et de diabète4, de certains cancers5,6 et d’obésité7,8. Ces effets bénéfiques seraient reliés à la synergie entre les nombreux composés contenus dans les produits céréaliers à grains entiers, tels les fibres, les antioxydants, les vitamines et les minéraux. Comme la majorité de ces composés sont contenus dans le son et le germe9, on a avantage à consommer les céréales les moins raffinées possible.

Fibres alimentaires. Une portion de 125 ml de quinoa contient une quantité de fibres qui se rapproche de celle d’une tranche de pain de blé entier ou de celle de 125 ml de riz brun cuit. Les types de fibres retrouvés dans la farine de quinoa pourraient améliorer la digestibilité et l’absorption de cette « pseudo-céréale » dans le gros intestin10,11. De façon générale, une alimentation riche en fibres solubles peut aider au traitement des maladies cardiovasculaires et du diabète de type 2 en normalisant les taux sanguins de cholestérol, de glucose et d’insuline12. Les fibres insolubles, quant à elles, permettraient de maintenir une fonction intestinale adéquate. Une alimentation riche en fibres serait aussi associée à un plus faible risque de cancer du côlon12. Finalement, même si elles ne contiennent pas de calories, un apport élevé en fibres totales apporterait une plus grande sensation de satiété12.

Protéines. Le quinoa contient environ 15 % de protéines et sa composition en acides aminés est mieux balancée que celle de la majorité des autres céréales, telles que le millet, le sorgho, le riz, le blé et le maïs10,13-15. Les protéines servent surtout à former, à réparer et à maintenir en bon état les tissus, comme la peau, les muscles et les os. Elles servent aussi à la formation des enzymes digestives ainsi que des hormones. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (OAA) a observé que les protéines du quinoa, avec ou sans saponines16 (voir plus bas pour la définition des saponines), seraient équivalentes, en ce qui a trait à la qualité, à celles contenues dans le lait en poudre entier14,17. Cependant, ceci ne signifie pas que le quinoa peut remplacer le lait et les produits laitiers dans une alimentation équilibrée. Le quinoa et le lait proviennent de deux groupes alimentaires différents, chacun apportant des nutriments essentiels à l’organisme. Le quinoa est riche en acides aminés essentiels. On dit d’un acide aminé qu’il est essentiel lorsque l’organisme ne peut le fabriquer lui-même et qu’il doit être fourni par l’alimentation. Le quinoa a une teneur élevée en lysine, un acide aminé souvent manquant dans les produits céréaliers comme le blé et le maïs. Le quinoa a aussi un bon contenu en méthionine, en cystine, en arginine, en histidine et en isoleucine, ce qui en ferait un complément parfait pour les légumineuses, qui ont une faible proportion de certains de ces acides aminés essentiels15,17,18. Le quinoa a un faible pourcentage de prolamines (sorte de protéines), ce qui indique qu’il est sans gluten et donc intéressant pour les gens qui souffrent de la maladie coeliaque15. Dans une étude portant sur la satiété, la consommation de quinoa avant un repas n’a pas produit d’effet plus rassasiant que la consommation d’une quantité semblable de riz, malgré un contenu plus élevé en protéines (ainsi qu’en fibres)19. Certains macronutriments dont les protéines ont un effet rassasiant plus important que d’autres20-23. Le quinoa, vu son contenu élevé en protéines, pourrait donc potentiellement avoir un effet sur la satiété et donc sur la prise alimentaire comparativement à d’autres céréales. Cette hypothèse mérite d’être étudiée davantage.

Nutriments les plus importants

Voir la signification des symboles de classification des sources des nutriments

Excellente source Manganèse. Le quinoa est une excellente source de manganèse pour la femme et une bonne source pour l’homme, leurs besoins étant différents. Le manganèse agit comme cofacteur de plusieurs enzymes qui facilitent une douzaine de différents processus métaboliques. Il participe également à la prévention des dommages causés par les radicaux libres.

Bonne source Fer. Le quinoa est une bonne source de fer pour l’homme et une source pour la femme, leurs besoins étant différents. Chaque cellule du corps contient du fer. Ce minéral est essentiel au transport de l’oxygène et à la formation des globules rouges dans le sang. Il joue aussi un rôle dans la fabrication de nouvelles cellules, d’hormones et de neurotransmetteurs (messagers dans l’influx nerveux).

Bonne source Cuivre. Le quinoa est une bonne source de cuivre. En tant que constituant de plusieurs enzymes, le cuivre est nécessaire à la formation de l’hémoglobine et du collagène (protéine servant à la structure et à la réparation des tissus) dans l’organisme. Plusieurs enzymes contenant du cuivre contribuent également à la défense du corps contre les radicaux libres.

Source Phosphore. Le quinoa est une source de phosphore (voir notre fiche Palmarès des nutriments Phosphore). Deuxième minéral le plus abondant de l’organisme après le calcium, le phosphore joue un rôle essentiel dans la formation et le maintien de la santé des os et des dents. De plus, il participe entre autres à la croissance et à la régénérescence des tissus et aide à maintenir à la normale le pH du sang. Finalement, le phosphore est l’un des constituants des membranes cellulaires.

Source Magnésium. Le quinoa est une source de magnésium. Le magnésium participe au développement osseux, à la construction des protéines, aux actions enzymatiques, à la contraction musculaire, à la santé dentaire et au fonctionnement du système immunitaire. Il joue aussi un rôle dans le métabolisme de l’énergie et dans la transmission de l’influx nerveux.

Source Zinc. Le quinoa est une source de zinc. Le zinc participe notamment aux réactions immunitaires, à la fabrication du matériel génétique, à la perception du goût, à la cicatrisation des plaies et au développement du foetus. Il interagit également avec les hormones sexuelles et thyroïdiennes. Dans le pancréas, il participe à la synthèse (fabrication), à la mise en réserve et à la libération de l’insuline.

Source Vitamine B2. Le quinoa est une source de vitamine B2. Cette vitamine est aussi connue sous le nom de riboflavine. Tout comme la vitamine B1, elle joue un rôle dans le métabolisme de l’énergie de toutes les cellules. De plus, elle contribue à la croissance et à la réparation des tissus, à la production d’hormones et à la formation des globules rouges.

Que vaut une « portion » de quinoa?

Poids/volume

Quinoa cru, 20 g (donne environ ½ tasse (125 ml) de quinoa cuit)

Calories

75

Protéines

2,6 g

Glucides

13,8 g

Lipides

1,2 g

Fibres alimentaires

1,4 g

Source : Santé Canada. Fichier canadien sur les éléments nutritifs, 2005.

Des saponines dans le quinoa

Les saponines sont des substances végétales produites principalement dans les plantes. Elles sont considérées comme étant des facteurs antinutritionnels, c’est-à-dire des substances qui nuisent à l’absorption et à l’utilisation par l’organisme de nutriments importants, tel que le fer16,24. C’est pour cette raison qu’elles doivent être éliminées avant la consommation25. Le quinoa présent dans nos supermarchés contient très peu de saponines puisqu’il en a été débarrassé par lavage.

La présence de saponines n’a pas que des effets néfastes. Des études indiquent des effets bénéfiques de différentes saponines sur la santé (antiallergique, anti-inflammatoire, prévention du cancer, hypocholestérolémiant…)25-27. Cependant, la majeure partie de ces études étant faites chez l’animal, de plus amples études chez l’humain s’avèrent nécessaires.

Les saponines ont aussi un intérêt pharmacologique, car elles pourraient modifier la perméabilité de l’intestin grêle et ainsi aider à l’absorption de médicaments spécifiques15,24. Les saponines du quinoa n’auraient pas d’effet négatif sur la qualité nutritionnelle des protéines du quinoa14. Les résultats d’une étude démontrent que le profil en acides aminés du quinoa était très similaire avant et après le lavage, ce qui pourrait signifier que le processus pour enlever les saponines ne modifie pas la composition en acides aminés des graines de quinoa. Pour extraire les saponines du quinoa, on doit tout d’abord polir les grains par frottage et ensuite les laver à l’eau16.

Un grain riche en huile

Avis aux végétariens
Le quinoa est doté de diverses caractéristiques nutritives à privilégier par les végétariens. Parmi celles-ci se retrouvent le fer, le zinc et la vitamine B2. De plus, le quinoa est riche en protéines végétales (15 %) de haute qualité. Sa teneur en protéines est plus élevée et sa composition en acides aminés est plus équilibrée que celles des autres céréales courantes10.

Lorsqu’on le compare à d’autres céréales, le quinoa a un contenu relativement élevé en huile, ce qui est une autre de ses caractéristiques nutritionnelles importantes. Son contenu en huile représente une moyenne de 5,8 % de sa masse à l’état naturel15. Les acides gras essentiels (acides linoléique et alpha-linolénique) représentent 55 % à 63 % des lipides présents dans cette huile. Malgré les hauts taux de ces acides gras essentiels, qui causent l’oxydation, l’huile extraite du quinoa est relativement stable à cause de son haut taux de vitamine E15,28.

Le quinoa contre l’anémie

Le quinoa est un aliment riche en fer non hémique (fer des végétaux) (1,85 mg de fer pour 20 g de quinoa). Il s’agit donc d’une bonne façon d’inclure plus de fer dans l’alimentation, spécialement pour les gens souffrant d’anémie. Il est à noter que le fer contenu dans les aliments d’origine végétale (comme le quinoa) est moins bien absorbé par l’organisme, comparativement au fer contenu dans les aliments d’origine animale. De plus, pour une meilleure absorption du fer non hémique, il est préférable de consommer soit au même repas, soit une heure avant ou après le repas, des aliments contenant de la vitamine C (par exemple des agrumes, des fraises, du cantaloup, des kiwis, du poivron, du chou).

Le quinoa, exempt de gluten

La maladie coeliaque touche environ 4 personnes sur 1 000 en Amérique du Nord. Les gens atteints de cette maladie souffrent d’intolérance permanente au gluten, une protéine qui se retrouve dans le grain de plusieurs céréales. Cette protéine est toxique pour les gens coeliaques et sa consommation peut entraîner des symptômes intestinaux, comme une malabsorption de plusieurs nutriments. Le traitement de cette maladie consiste à exclure totalement le gluten de l’alimentation. Puisque le quinoa n’en contient pas, il serait un aliment intéressant pour les personnes intolérantes au gluten. Par contre, une attention particulière doit être portée, car le quinoa peut être contaminé par des céréales contenant du gluten, dans les champs, au cours du transport, de la manipulation des grains ou au moment de la mouture. Il est donc important de choisir des farines et des produits alimentaires certifiés sans gluten, ces produits étant les plus sûrs. Malheureusement, tous les aliments sans gluten n’arborent pas ce symbole, d’où l’importance de savoir bien lire les étiquettes pour discerner les sources potentielles de gluten.

Section Profil Santé
Recherche et rédaction
: Stéphanie Gendreau, Dt.P., nutritionniste, Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF), Université Laval.
Collaboration
: Hélène Gagnon et Jasmine Coulombe, étudiantes en nutrition, Université Laval.
Révision scientifique
: Véronique Provencher, Dt.P., M.Sc., candidate au doctorat, Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF), Université Laval.
Coordination
: Louise Corneau, Dt.P., M.Sc., Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF), Université Laval
mai 2006)

Le quinoa au fil du temps

Le terme « quinoa » vient du quechua, langue parlée par les Incas. Il est apparu en français en 1837 par le biais de l’espagnol.

Question de genre
En France, le terme « quinoa » est souvent employé au féminin, tandis qu’au Québec, il est toujours masculin.

On pense que la domestication du quinoa s’est faite en même temps que celle du lama, il y a 6 000 ans à 7 000 ans dans les Andes de l’Amérique du Sud, la plante et l’animal vivant en mutuelle dépendance depuis des temps immémoriaux. D’autant plus que le quinoa était, et est toujours, l’une des rares plantes à pouvoir survivre dans le milieu inhospitalier de l’Altiplano andin, où vivait le guanaco, ancêtre du lama. Enrichi par le fumier des animaux, le sol des enclos primitifs construits par les premiers éleveurs agriculteurs constituait un milieu idéal pour la germination des graines de quinoa qui avaient échappé au processus de digestion. Dans ces conditions, la plante croissait rapidement et devait donner d’excellents rendements, ce qui n’a certainement pas échappé aux humains en quête de grains pour se sustenter.

Plante sacrée des Incas, qu’ils qualifiaient de chisiya mama, littéralement « graine mère », le quinoa a largement contribué à l’expansion de cette grande civilisation. Toutefois, les Espagnols considéreront le grain indigène avec mépris et en interdiront la culture au profit de celle du blé et de l’orge. Si bien qu’au cours des quatre siècles suivants, il périclitera, ne persistant que dans les endroits incultes et éloignés des centres de décision de l’administration espagnole. Encore aujourd’hui, il est la principale source de protéines pour la majorité de la population dans l’Altiplano Sud de la Bolivie. En effet, sur les 25 000 familles qui y vivent, on estime que près de 20 000 en dépendent entièrement pour leur subsistance, à l’exclusion de tout autre type de culture ou d’élevage.

Dans les années 1970, les Occidentaux prennent conscience de la nécessité de modifier leurs habitudes alimentaires et découvrent le précieux grain des Incas, dont la teneur en protéines et, surtout, la qualité de ces dernières, surpassent celles des céréales classiques. Si bien que sa consommation augmente progressivement en Europe et en Amérique du Nord, tandis qu’en Amérique du Sud, en dehors de quelques régions éloignées, on observe le phénomène contraire.

De nombreux facteurs sont invoqués pour expliquer cette situation, notamment le fait qu’il en coûte moins cher d’importer du blé des États-Unis et du Canada que de produire du quinoa sur place, et que ce dernier souffre toujours d’un problème d’image. En effet, malgré sa richesse nutritionnelle, il reste, dans l’esprit des consommateurs, un grain de troisième ordre. D’où la décision récente des gouvernements de la Bolivie et du Pérou de subventionner des programmes d’aide alimentaire dans lesquels il tient une plus grande place, et de le valoriser comme authentique produit du terroir auprès de la classe moyenne.

Dans ces deux pays, on produit commercialement de la farine, des tortillas, des flocons, des préparations à crêpes et des grains soufflés. Impanifiable, sa farine permet tout de même d’enrichir le pain à hauteur de 30 %, tandis qu’elle peut entrer pour 40 % dans la composition des pâtes alimentaires et pour 60 % dans celle des biscuits. On songe d’ailleurs à l’établir dans les pays d’Afrique où la malnutrition est chronique.

Le quinoa est aujourd’hui cultivé dans d’autres pays, notamment aux États-Unis et au Canada, et des expériences sont en cours pour le cultiver en Europe. Toutefois, certains affirment que le Quinoa Real, qui est produit dans le climat hostile de l’Altiplano bolivien, est de loin le meilleur.

Usages culinaires

Bien choisir

On trouve, dans le commerce, des grains de quinoa, de la farine (crue ou grillée), des flocons ainsi que diverses préparations boulangères. Les pâtes alimentaires à base de quinoa contiennent habituellement d’autres grains, comme le blé et le maïs.

Préparation

Les grains vendus en Amérique du Nord et en Europe sont généralement débarrassés des saponines que contient l’écorce, mais il est important de les rincer tout de même à grande eau afin d’éliminer tout résidu de ces substances, au risque qu’elles donnent un goût amer au plat. Rincer jusqu’à ce que l’eau soit limpide.

Cuisson : deux parties d’eau ou de bouillon pour une partie de quinoa. Cuire environ 20 minutes ou jusqu’à ce que le grain soit translucide et que le germe blanc forme une spirale visible à l’extérieur du grain. On peut faire griller les grains à sec dans une poêle avant la cuisson à l’eau, ce qui fera ressortir leur saveur.

Apprêts culinaires

Le quinoa peut remplacer les autres grains dans pratiquement toutes les recettes, par exemple le boulghour dans la salade de taboulé, la semoule de blé dans le couscous ou le riz dans le risotto. Voici quelques autres suggestions.

  • L’ajouter aux soupes, par exemple, cette soupe aux champignons : faire dorer des tranches de champignons de Paris et de shiitakes et les réserver. Faire revenir des oignons et du céleri, ajouter du quinoa et cuire deux minutes. Ajouter des dés de pommes de terre et des rondelles de carottes, du bouillon, sel, poivre, thym, et cuire jusqu’à ce que les pommes de terre soient tendres. Ajouter les champignons et garnir de persil.
  • L’intégrer dans les soufflés, omelettes, quiches.
  • Tomates farcies : mélanger quinoa cuit, fruits séchés mis à tremper une heure dans l’eau, raisins frais fendus en deux, amandes hachées, vert de ciboule, épices (cardamome, muscade, poivre noir, graines de coriandre moulues, gingembre en poudre). Mettre à refroidir quelques heures, puis farcir les tomates de ce mélange.
  • Pilaf : faire sauter des oignons, des poivrons rouges, verts et jaunes, du céleri, des carottes et de l’ail; ajouter du quinoa, revenir quelques minutes, puis ajouter de l’eau ou du bouillon. Garnir d’amandes effilées et d’origan.
  • Farcir une volaille d’un mélange de quinoa cuit, noix rôties à sec, oignon, ail, champignons et céleri revenus dans l’huile d’olive, assaisonnée de sauge, de romarin, de thym et de persil. Pour varier, mettre moitié quinoa, moitié riz sauvage.
  • Salade de pâtes de quinoa à l’orientale : cuire les pâtes en suivant les instructions et les refroidir sous l’eau. Rôtir à sec des graines de sésame; blanchir des pois mange-tout et les rafraîchir sous l’eau; faire revenir des morceaux de poulet dans l’huile jusqu’à ce qu’ils soient bien cuits. Mélanger tous ces ingrédients avec les pâtes, des amandes effilées, de l’ail et du gingembre hachés, de la ciboule émincée et une vinaigrette à base d’huile d’olive additionnée d’un peu d’huile de sésame, de jus de citron, de sauce soya, de miel et de piment fort.
  • Burgers de quinoa : lier les grains cuits avec un oeuf et de la mie de pain, ajouter des carottes, de l’oignon, du céleri et de l’ail émincés, former des galettes et cuire à la poêle. Servir avec un coulis de tomate ou de poivron, ou une sauce au yogourt, à l’ail et au persil.
  • Préparer un chili sans viande avec du quinoa, des haricots rognons, des tomates, de la poudre de chili et des légumes (carottes, oignon, céleri) émincés.
  • Salade amérindienne : quinoa, grains de maïs sucré, pois verts, tomates, piment jalapeno, coriandre hachée.
  • Quinoa à l’indienne : faire revenir des échalotes et du gingembre frais dans l’huile d’olive. Ajouter le quinoa ainsi que des épices moulues (cardamome, cumin, Cayenne, coriandre), de l’eau ou du bouillon, et cuire dix ou quinze minutes. Faire griller des pignons à sec dans une poêle et les ajouter, avec des raisins secs, au quinoa cuit.
  • On peut en faire un pouding sucré, selon le principe du pouding au riz ou au pain.

Conservation

Conserver les grains au frais, au sec et à l’abri de la lumière, et la farine au réfrigérateur ou au congélateur.

Écologie et environnement

Des saponines à laver et pour laver
Les saponines présentes dans l’écorce du quinoa jouent un rôle de répulsif contre les insectes et les oiseaux. Mais elles ont un goût amer. On les élimine donc après la récolte. Toutefois, l’eau de traitement qui est chargée de ces substances pollue l’environnement, si bien que des chercheurs se penchent aujourd’hui sur les moyens à prendre pour les récupérer. On sait, par exemple, que traditionnellement, les Indiens se servaient de l’eau de rinçage du quinoa comme shampoing.

Il y a une quarantaine d’années, un groupe de personnes de Riobamba, ville commerciale située en plein coeur des montagnes et hautes vallées de l’Équateur, mettait sur pied une radio communautaire (ERPE ou Escuelas Radiofonica Populares del Ecuador) à visée éducative et culturelle. Manquant de ressources, ses promoteurs décidèrent de la financer en cultivant du quinoa biologique sur une terre de quelques hectares. À cette époque, ce grain avait pratiquement disparu du paysage équatorien et ne figurait plus au menu depuis belle lurette.

Les animateurs parlèrent de leur expérience sur les ondes et, en peu de temps, ils furent inondés d’appels téléphoniques de la part d’auditeurs souhaitant obtenir de l’information sur la culture biologique du quinoa. Entre-temps, ils firent la promotion de leur produit dans les foires commerciales, suscitant un vif intérêt à l’étranger. De simple radio communautaire, l’organisme se transforma en entreprise de conseil technique et agricole auprès des cultivateurs et mit sur pied l’un des réseaux d’achat et de vente les plus importants du pays. De 1997 à 2002, le nombre de familles équatoriennes qui cultivaient du quinoa pour ce réseau passa de 220 à 4 000, tandis que la récolte, initialement de quelques milliers de kilos, atteignait les 700 tonnes. Aujourd’hui, l’ERPE est pleinement accréditée par un organisme de certification biologique allemand et compte vendre ses produits dans toute l’Europe.

En récompense de ses efforts, l’ERPE recevait, en 2000, le prix Slow Food pour avoir rétabli en Équateur une culture indigène qui avait disparu et permis aux petits paysans du pays d’en vivre dans le respect de l’environnement.

Sections Le quinoa au fil du temps, Usages culinaires, Conservation, Écologie et environnement
Recherche et rédaction :
Paulette Vanier

Coordination du contenu : Josiane Cyr, Dt. P., nutritionniste

Fiche mise à jour : mai 2006

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

Bibliographie

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Notes

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Régime: l’exercice physique aide à ne pas reprendre de gras viscéral

17 novembre 2009 – Faire régulièrement de l’exercice physique après un régime empêcherait le retour du gras viscéral, responsable entre autres du diabète et des maladies cardiovasculaires. Ce sont les conclusions d’une étude américaine menée auprès de 97 femmes.

Selon les résultats, deux séances de 40 minutes d’exercices physiques par semaine suffiraient à ne plus reprendre de gras viscéral. Les exercices aérobiques (marche et jogging) et de résistance (squat, redressements assis, flexion des jambes, exercices avec poids, etc.) sont ceux qui ont donné les meilleurs résultats.

Dans la plupart des cas, les personnes actives physiquement n’ont pas regagné de gras viscéral tandis que celles qui ont arrêté de s’entraîner ou qui n’ont jamais fait d’exercice en ont regagné en moyenne 33 %.

Soulignons que même si les participantes actives n’ont pas regagné de gras viscéral, elles ont toutefois repris du poids (3,5 kilos en moyenne), mais moins que celles qui ne faisaient pas d’activité physique (6 kilos en moyenne).

Les participantes ont été réparties en 3 groupes distincts. Le 1er groupe respectait un programme d’entraînement physique en aérobie. Le 2e groupe pratiquait des exercices de résistance tandis que le 3e groupe ne faisait aucune activité physique.

Au départ, les participantes ont été soumises à une diète stricte jusqu’à ce qu’elles atteignent un indice de masse corporelle plus petit que 25. Au total, la perte de poids moyenne pour l’ensemble des participantes a été de 11 kilos. Elles ont été suivies durant 1 an suivant la perte de poids.

Le gras viscéral est logé dans la cavité abdominale, sous les muscles de l’abdomen. Il est particulièrement insidieux parce qu’il est invisible et encercle les organes vitaux. Plus la graisse viscérale s’accumule, plus grandes sont les probabilités d’être atteints de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires.

Danny Raymond – PasseportSanté.net

1. Hunter GR, Brock DW, et al.Exercise training prevents regain of visceral fat for 1 year following weight loss, Obesity, 2009 Oct 8.

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Prévenir le diabète: maigrir d’abord

23 octobre 2009 – Pour les personnes à risque de diabète de type 2, la perte de poids est l’élément central pour prévenir l’apparition de la maladie.

C’est ce qu’a affirmé le Dr David Nathan, dans le cadre du 20e Congrès mondial sur le diabète, qui a réuni plus de 10 000 spécialistes à Montréal, du 18 au 22 octobre.

« Chaque kilo perdu équivaut à une réduction du risque de 16 % », soutient-il. À l’inverse, avoir un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé que 35 augmente de 91 % le risque de devenir diabétique sur une durée de 14 ans.

Prévenir le diabète: maigrir d'abord Chercheur américain rattaché à l’Hôpital général du Massachusetts, le Dr Nathan est l’auteur d’une importante étude – Diabetes Prevention Program (DPP)1 – publiée en 2002 et menée auprès de 3 200 personnes prédiabétiques. Ses résultats démontrent qu’il est possible de prévenir et combattre le diabète simplement en modifiant ses habitudes de vie. Depuis, il a signé plus de 100 études sur le diabète.

Jusque-là, on ne croyait qu’aux vertus de l’approche pharmaceutique pour vivre avec cette maladie, avance-t-il. « Or, on sait maintenant que même chez ceux qui viennent d’être diagnostiqués diabétiques, une perte de 10 % du poids permet de contrôler la glycémie et la pression en diminuant le recours aux médicaments », indique David M. Nathan2.

Pas besoin d’aller au gym

Outre l’hérédité ou certaines prédispositions génétiques, les principaux facteurs de risque de diabète sont liés à des comportements modifiables : alimentation riche en gras saturés, obésité abdominale, hypertension et sédentarité.

C’est ce à quoi s’est attardée l’étude DPP : le programme visait un changement de comportement des participants, en fixant des objectifs réalistes et adaptés au quotidien des participants.

« Pas besoin de s’inscrire à un gym ou à un cours de cuisine : il suffisait, par exemple, de marcher d’un pas rapide à raison de 150 minutes par semaine, et de modifier son alimentation pour perdre de 5 % à 10 % de son poids corporel – notamment en réduisant de 25 % la quantité de gras saturés », indique le Dr Nathan.

L’étude DPP, qui se poursuit encore aujourd’hui, n’est pas la seule à avoir donné semblables résultats. Des études similaires, menées au Japon, en Finlande et en Inde, ont aussi démontré qu’il est possible de prévenir le diabète chez les personnes à risque, en modifiant quelques habitudes de vie.

Efficacité des saines habitudes de vie sur la prévention du diabète, selon certaines études

Nom et provenance de l’étude

Perte de poids à atteindre et méthode utilisée

Durée et intensité d’activité physique à atteindre

Diminution du risque

Da Qing (Japon)

IMC 23 ou moins
(régime hypocalorique)

5 à 30 min./jour
(faible à intense)

-42 %

FDPS (Finlande)

-5 %
(1 000 cal/jour,
-30 % de gras, 15 g de fibres/jour)

30 min./jour
(modérée à intense)

-58 %

DPP
(États-Unis)

-7 %
(-25 % de gras et thérapie comportementale)

150 min./semaine
(modérée)

-59 %

IDPP (Inde)

Aucun objectif

30 min./jour (modérée)

-31 %

Prévenir avec ou sans médicament?

Dans le cadre d’un forum où il a débattu avec le Dr Jean-Louis Chiasson de l’Université de Montréal, le Dr Nathan a ajouté que la perte de poids combinée à l’activité physique permet aussi de diminuer le risque de syndrome métabolique de 41 %. Et même d’inverser l’intolérance au glucose.

« Sans compter que modifier ainsi ses habitudes de vie permet de réduire le risque de certains facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, dont l’hypertension, le mauvais cholestérol et l’inflammation chronique », a-t-il énuméré.

Mais est-il réaliste de croire que des personnes à haut risque de diabète adopteront de meilleures habitudes de vie et qu’elles les maintiendront à long terme? C’est là la réelle question, selon le Dr Chiasson.

« On peut prévenir la maladie en mangeant mieux et en bougeant plus, mais ce n’est vrai que si on persévère, indique-t-il. Or, on sait qu’après 3 ans, seulement 10 % des participants continuent leurs bonnes habitudes. »

Selon le Dr Chiasson, il s’agit là d’un problème qui nécessite la prise de médicaments. Et il soutient qu’un autre médicament – l’acarbose – peut faire mieux que la metformine. « L’acarbose s’est montré plus efficace pour prévenir le diabète et pour réduire le risque de troubles cardiovasculaires, dans tous les groupes d’âge », a-t-il dit.

Mais le Dr David Nathan persiste. « En Finlande, une étude a montré que l’effet des saines habitudes de vie réduisait de 58 % le risque de devenir diabétique, après 4 ans. Et chez ceux qui continuaient à bouger et à mieux manger après 7 ans, le risque était encore réduit de 43 %, sans compter l’effet sur leur qualité de vie en général – ce que ne font pas les médicaments », a-t-il conclu.

On estime qu’en 2010, le Canada comptera plus de 3 millions de diabétiques de type 2. Environ 60 % souffre d’hypertension, et un pourcentage similaire a un taux de cholestérol élevé, ce qui les rend à risque de troubles cardiovasculaires.

Martin LaSalle – PasseportSanté.net

1. Knowler WC, Barrett-Connor E et al. Reduction in the incidence of type 2 diabetes with lifestyle intervention or metformin, N Engl J Med. 2002 Feb 7;346(6):393-403.
2. À ce sujet, voir l’étude suivante: Look AHEAD Research Group, Reduction in Weight and Cardiovascular Disease Risk Factors in Individuals With Type 2 Diabetes, Diabetes Care, juin 2007, vol. 30, no 6, 1374-83.

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