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Faut-il arrêter la guerre du sel ?


Le gouvernement français investit chaque année des millions dans le Plan National Nutrition Santé (PNNS) pour, notamment, nous convaincre de manger « moins salé ».

De 10 millions d’euros par an entre 2001 et 2005, le budget attribués aux fonctionnaires du PNNS est passé à 210 millions d’euros pour la période 2011-2015, si on inclut les dépenses du « Plan Obésité » décidé par Nicolas Sarkozy, qui est venu s’ajouter au PNNS. 

Mais il y a un problème. 

Il se pourrait bien que ces campagnes, par leur simplisme, ne servent en rien la santé publique. Car l’idée que le sel est mauvais en soi et donne des maladies cardiovasculaires n’est toujours pas confirmée par la science.

Un dogme bien fragile

Le sel dangereux pour la santé est un des dogmes les plus bétonnés de la médecine occidentale.

Pourtant, il repose sur des preuves étonnamment fragiles :

En 1904, des médecins français constatèrent que six de leurs patients souffrant d’hypertension étaient de gros consommateurs de sel. L’inquiétude gagna dans les années 70 lorsqu’un chercheur américain, Lewis Dahl, du Brookhaven National Laboratory, déclara avoir établi la preuve « sans équivoque » d’un lien entre le sel et l’hypertension. Il était parvenu, en effet, à provoquer de l’hypertension chez des rats en leur faisant manger l’équivalent humain d’un demi-kilo de sodium par jour (en moyenne, la consommation de sodium des Français est de 3,4 grammes par jour, soit 8,5 grammes de sel).

Mais une récente méta-analyse de la revue Cochrane impliquant un total de 6250 personnes n’a trouvé aucune preuve solide que réduire la consommation de sel diminue le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou de décès. (1)

Une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association en 2011 a trouvé qu’une faible consommation de sel pouvait en fait augmenter votre risque de décès par cause cardiovasculaire. (2)

Et ce n’est pas nouveau. Déjà en 1988, une très grande étude, baptisée Intersalt, avait comparé la pression sanguine chez des personnes de 52 centres de recherches médicales dans le monde entier avec leur consommation de sel. Malgré la masse des données accumulées, les conclusions des chercheurs n’avaient pas été claires, et avaient donné lieu à plus de dix ans de controverses. (3)

En fait, la population qui consommait le plus de sel, soit environ 14 grammes par jour, avait même une pression sanguine médiane plus basse que la population qui en consommait le moins, soit environ 7,2 grammes par jour.

Les études qui ont cherché à établir une relation directe entre le sel et les maladies cardiaques n’ont pas obtenu de résultats plus probants. Chaque fois qu’une étude semble indiquer que le sel est mauvais pour la santé, une autre suggère le contraire.

En 2006, une étude publiée dans l’American Journal of Medicine, et qui comparait la consommation quotidienne déclarée de sodium de 78 millions d’Américains à leur risque de mourir de maladie cardiaque, a même conclu à une mortalité accrue des personnes souffrant de maladies cardiovasculaire et suivant un régime pauvre en sodium ! (4)

Les autorités françaises peu impressionnées

Mais ce type d’information n’était pas de nature à impressionner les technocrates du ministère de la Santé. Murés dans leurs certitudes médicales datant des années 70, et sans se soucier du véritable problème (qui est le déséquilibre sodium/potassium, comme je l’explique plus bas) ils ont continué à appliquer à la lettre leur projet de réduction à marche forcée de la consommation de sel de leurs concitoyens, à coup de slogans répétés à l’infini sur les chaînes de radio et de télévision, aux frais des annonceurs et donc, in fine, du consommateur, mais aussi par des mesures autoritaires vis-à-vis des producteurs.

Le PNNS a en effet décidé en 2002 que vous et moi allions devoir baisser notre consommation de sel de 20 % sur cinq ans. Pourquoi 20 % plutôt que 10 ou que 50 ? Mystère. Toujours est-il que, croyez le ou non, nous n’avons pas atteint cet objectif ! 

La baisse des apports en sel n’a été que de 4 à 10 % ! 

Le ministère de la Santé a alors décidé de convoquer les industriels mi-décembre pour les menacer de mesures contraignantes, sanctionnées par des amendes. Des sanctions soutenues par l’UFC-Que Choisir, dont Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et nutrition, considère qu’il n’y a qu’une solution : « Les engagements volontaires, cela ne marche pas. Les pouvoirs publics doivent prendre les choses en main en donnant des objectifs clairs, chiffrés et précis de réduction des taux de sel pour les filières les plus concernées. »

Pourquoi tant de haine ?

Le sel est essentiel à la vie – vous ne pouvez pas vivre sans. Le sel a toujours été important à la vie humaine. Même le mot « salaire » vient de la racine latine « sal », qui signifie sel, parce que les Romains étaient parfois payés en sel. En Pologne, encore aujourd’hui, les pèlerins sont accueillis dans les villages avec de l’eau et du sel, les deux ingrédients les plus indispensables à la vie. 

Et de fait, le sel naturel non transformé est important pour de nombreux processus biologiques, dont : 

  • entrer dans la composition du plasma sanguin (le liquide dans lequel baignent les globules), la lymphe, le liquide amniotique ;
  • transporter les nutriments dans et hors de vos cellules ;
  • maintenir et réguler la pression sanguine ;
  • augmenter le nombre des cellules gliales dans le cerveau, qui permettent la pensée créative et la planification à long terme ;
  • aider le cerveau à communiquer avec vos muscles, afin que vous puissiez bouger à volonté, via des échanges d’ion entre sodium et potassium.

Comme pour tous les aliments, quels qu’ils soient, il ne faut évidemment pas se bourrer de sel. 

De plus, pour les personnes souffrant déjà d’hypertension, et s’astreignant à un régime à index glycémique faible pour faire baisser la pression sanguine, des études ont montré que diminuer aussi leur consommation de sel améliorait l’effet de leur régime. (5) 

Mais pour les personnes en bonne santé, le problème n’est pas tant au niveau du sel (chlorure de sodium) qu’au niveau du potassium, qu’il faut normalement consommer en quantité supérieure, ce qui n’est plus souvent le cas dans le régime moderne.

Pouvez-vous manquer de sodium ?

Oui, bien sûr. 

Peu de personnes en sont conscientes mais votre risque de problèmes de santé augmente de façon significative si vous manquez de sodium, une maladie appelée « hyponatrémie ». Cette maladie n’est toutefois pas provoquée par un manque alimentaire de sodium, sauf cas extrême (camps de concentration), mais par la prise de médicaments, l’absorption excessive d’eau, la déshydratation, l’activité physiques intensive et certaines maladies, dont celles qui affectent le fonctionnement de votre foie, de vos reins, et de votre glande thyroïde. 

Le sodium est un électrolyte responsable de nombreux processus physiologiques critiques, comme la régulation de la quantité d’eau qui se trouve dans et autour de vos cellules. Donc, si votre sang devient trop pauvre en sodium, vos niveaux de liquides corporels augmente et vos cellules commencent à gonfler. Ce gonflement peut causer de nombreux problèmes de santé, parfois graves. 

Au pire, l’hyponatrémie peut être mortelle, provoquant un gonflement du cerveau, le coma et la mort. Les femmes en période de pré-ménopause semblent avoir le plus de risque d’atteinte au cerveau liée à l’hyponatrémie, du fait de la façon dont les hormones féminines affectent la régulation du sodium. Mais une hyponatrémie modérée ou faible peut avoir des effets plus discrets que votre praticien peut ne pas relier à un problème d’électrolyte. L’hyponatrémie peut provoquer les signes et symptômes suivants : 

  • nausée, vomissement et changements d’appétit ;
  • perte d’énergie ;
  • faiblesse musculaire, spasmes ou crampes ;
  • mal de crâne ;
  • fatigue ;
  • confusion ;
  • incontinence urinaire ;
  • hallucinations ;
  • nervosité, irritabilité et changements d’humeur ;
  • évanouissement, coma.

Les changements d’humeur et d’appétit sont parmi les premier signes de manque de sodium, mais cette cause est souvent ignorée. Et pourtant, pour éviter les maladies cardiaques, l’avis que vous recevrez sera probablement le suivant : « buvez beaucoup d’eau, faites beaucoup de sport, et réduisez votre consommation de sel ». C’est une recette pour conduire votre niveau d’électrolytes à la catastrophe. Et il existe des preuves qu’un niveau faible de sodium peut nuire à votre santé d’autres façons encore :

  • une étude de 2009 sur les fractures importantes chez les personnes âgées a constaté que l’incidence de l’hyponatrémie chez les patients souffrant de fractures était DEUX FOIS PLUS ELEVÉE que chez les patients sans fractures. Les chercheurs ont supposé que la cause de la déficience en sodium était liée à l’usage d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), une sorte de médicament antidépresseur ; (6)
  • une étude de1995 réalisée par l’American Medical Association, publiée dans la revue scientifique Hypertension, a constaté qu’un faible niveau de sodium urinaire était associé à un risque plus élevé d’infarctus (7)

L’importance de l’équilibre sodium/potassium

Bien que le sel naturel non raffiné soit essentiel à la vie, cela ne veut pas dire que vous devriez l’absorber impunément. Un facteur déterminant à surveiller est le rapport sodium/potassium dans votre régime alimentaire. Un déséquilibre de ce ratio peut non seulement causer de l’hypertension (pression sanguine trop forte), mais également contribuer à de nombreuses autres maladies, dont : 

  • infarctus et AVC
  • problèmes de mémoire
  • ostéoporose
  • cataracte
  • coliques néphrétiques (cailloux dans les reins)
  • ulcères et cancer de l’estomac
  • arthrite rhumatoïde
  • impuissance sexuelle

Le moyen le plus simple de créer un déséquilibre est de consommer des aliments notoirement pauvres en potassium et riches en sodium… Selon un article publié en 1985 dans la revue scientifique The New England Journal of Medicine, et intitulé “Paleolithic Nutrition”, nos ancêtres chasseurs-cueilleurs consommaient 11 g de potassium par jour et 0,7 g de sodium. Cette proportion s’est aujourd’hui inversée, le régime moderne actuel apportant plutôt 2,5 g de potassium par jour et 4 g de sodium. Si vous mangez beaucoup de plats préparés, qui contiennent presque toujours beaucoup de sodium mais rarement du potassium, vous avez pratiquement la garantie d’avoir un ratio potassium/sodium inversé.

Cela pourrait aussi expliquer pourquoi la forte consommation de sel de table semble affecter certaines personnes mais pas d’autres. Selon une récente étude sur la consommation de sodium et de potassium, les personnes consommant à la fois beaucoup de sodium et peu de potassium avaient deux fois plus de risque de mourir d’un accident cardiaque que les autres. Cette étude, publiée dans lesArchives of Internal Medicine en juillet 2011, fut une des plus grandes réalisées sur le sujet. (8)

Alors, comment vous assurer d’avoir ces deux nutriments dans une meilleure proportion ?

Abandonnez les plats préparés et la nourriture transformée industriellement, au profit d’aliments frais, entiers, et si possible cultivés biologiquement pour assurer une bonne densité en minéraux. Ce type de régime vous apporte naturellement de plus fortes doses de potassium que de sodium.

Environ 80 % des apports de sel (sodium) de la population française viennent aujourd’hui des plats préparés et de la nourriture industrielle : pain, lasagnes, pizzas surgelées, plats préparés, conserves mais aussi biscuits et céréales du petit-déjeuner. Et même si UFC-Que Choisir parvient à leur imposer de nouvelles normes et des amendes, mon avis est que ces aliments doivent être évités de toutes façons.

Et cela vaut aussi pour la restauration rapide, dont on a appris aujourd’hui qu’elle avait dépassé, en chiffre d’affaires, la restauration traditionnelle. Les Français consacrent moins de temps que jamais à faire la cuisine et, malgré la crise, multiplient les repas à l’extérieur de la maison (snacks, sandwicheries, pizzerias, kebabs, fast-foods américains…) en dépit du budget que cela représente, de la qualité en général déplorable des ingrédients utilisés, et surtout de l’absence totale de contrôle de ce que vous vous mettez réellement dans la bouche.

Qui peut prétendre savoir précisément de quoi est faite la « viande » du kebab et la sauce « blanche ou piquante » dont on l’asperge ? Comment les viandes des restaurants asiatiques sont-elles produites, d’où proviennent-elles au juste, et même question pour le liquide gluant où elles baignent en général ? Dans les selfs, qui est en cuisine, et d’où viennent ces bidons dont on se sert pour les viandes « en sauce » ?

Revenir à une alimentation raisonnée, basée sur des produits identifiables, frais, et si possible bios, est le moyen le plus efficace de retrouver la santé, de consommer moins de sodium, et plus de potassium.

Pourquoi vous avez besoin de potassium…

Votre corps a besoin de potassium pour réguler la pression sanguine. Il affecte votre masse osseuse, votre système nerveux, vos muscles, vos glandes adrénales (qui fabriquent des hormones), votre cœur et vos reins. Il est en général attaché à un anion basifiant, et permet ainsi de maintenir le bon pH (la bonne acidité) de vos fluides : sang, lymphe, liquide amniotique…

Une carence en potassium peut mener à un déséquilibre des électrolytes et peut provoquer une maladie appelée hypokaliémie, qui se caractérise par :

  • la rétention d’eau
  • une plus forte pression sanguine (hypertension)
  • de l’arythmie cardiaque (le cœur bat de façon irrégulière)
  • de la faiblesse musculaire et des crampes
  • une soif continuelle
  • de la constipation

Aliments riches en potassium

Sauf prescription par un professionnel de santé, je ne recommande pas la prise de compléments alimentaires de potassium pour corriger un déséquilibre. On l’utilise parfois pour la peine de mort aux USA parce qu’une ingestion brutale de potassium peut provoquer la mort instantanément par arrêt cardiaque.

Il est donc préférable de modifier votre régime alimentaire et d’y incorporer plus d’aliments riches en potassium.

Tous les fruits et légumes sont de bonnes sources de potassium, mais certains sont évidemment encore meilleurs que les autres : la palme d’or revient à la levure sèche, qui en contient 2000mg/100g. Viennent ensuite :

  • les pommes de terre au four, cuites avec leur peau ; à consommer avec modération du fait de leur forte teneur en amidon, qui augmente la résistance à l’insuline et à la leptine ;
  • les haricots blancs, qui sont très riches aussi avec 1061 mg pour une tasse de 250 mL.
  • les tomates en contiennent aussi beaucoup.
  • les courges ;
  • les épinards bouillis
  • les fruits secs comme les figues sont aussi très intéressants.

Vous en trouvez aussi dans les fruits et légumes suivants :

 fruits : papaye, prunes, cantaloupe, bananes (attention aux bananes, qui sont très riches en sucre et ont moitié moins de potassium que les légumes verts. C’est un mythe que la banane soit particulièrement riche en potassium)

 légumes : brocolis, choux de Bruxelles, patates douces, avocats, asperges et potiron.

Type de sel à choisir

Vous pouvez vous procurer du sel de table à base de chlorure de potassium, et de vous en servir pour saler vos plats. Son seul « problème » est qu’il possède un léger arrière-goût amer, mais la plupart des gens ne s’en aperçoivent pas… si on ne les prévient pas.

Attention cependant : il peut exister des contre-indications au potassium. C’est notamment le cas si vous avez du mal à éliminer les excès de minéraux, ou si vous prenez des médicaments qui augmentent le taux de potassium dans le sang. Cela inclut les personnes diabétiques, celles qui ont des maladies des reins, des blocages des voies urinaires, et celles qui prennent des inhibiteurs ACE.

Mais si vous n’êtes pas dans cette situation, votre médecin n’aura sans doute pas d’objection à ce que vous consommiez du sel à base de chlorure de potassium, plutôt que de chlorure de sodium.

Ma newsletter du jour est terminée mais je continue ci-dessous pour les lecteurs qui seraient particulièrement intéressés par le débat sur le sel, et qui douteraient de mes affirmations sur le fait que les bienfaits pour le cœur d’un régime pauvre en sel ne sont pas nets.

Une étude établit un lien entre sel et hypertension

Pour être juste, je dois mentionner la grande étude DASH sur le sodium, qui a été menée en 1997 pour déterminer si oui ou non un régime pauvre en sel diminuait l’hypertension. Il s’agissait de faire suivre à des patients le « régime DASH », qui consistait à manger beaucoup de légumes et de fruits frais, des protéines maigres, des céréales complètes, des produits laitiers allégés, et très peu de sel.

Les personnes soumises au régime DASH ont donc bel et bien connu une réduction de leur pression sanguine. Et les résultats ont été meilleurs dans le régime DASH pauvre en sel que dans le même régime riche en sel. (9) Mais l’effet principal du régime semble plutôt tenir au fait que ce régime soit à faible index glycémique. En effet, comme vous le constatez, ce régime est également très faible en sucre et en fructose. 

Mais en ce qui concerne la population en général, ne souffrant pas de problème d’hypertension, il semble hâtif de vouloir imposer des réductions importantes de la consommation de sel. Selon le journaliste scientifique Gary Taubes :

« Tandis que le gouvernement dénonce depuis des dizaines d’années les dangers du sel, aucune recherche scientifique n’est parvenue à faire taire les soupçons que ce danger n’existe pas. Et de fait, la controverse sur les bienfaits, s’ils existent, de diminuer la consommation de sel constitue une des disputes les plus anciennes, les plus agressives, et les plus surréalistes de toute la médecine…

Les données en faveur d’une réduction généralisée de la consommation de sel n’ont jamais été probantes, et il n’a jamais été démontré qu’un tel programme n’aurait pas des effets négatifs imprévus… Après des décennies de recherche intensive, les bienfaits apparents d’éviter le sel n’ont fait que diminuer. Cela suggère soit que les vrais bienfaits étaient limités, soit qu’ils sont inexistants, et les chercheurs qui croyaient avoir détecté de tels bienfaits ont été trompés par l’influence d’autres variables. » (10) 

En 2011, une des plus prestigieuses revues médicales mondiales, le Journal of the American Medical Association (JAMA) a publié des résultats tout à fait stupéfiants : 

3681 sujets européens d’âge moyen et en bonne santé ont été suivis pendant huit ans. Les participants ont été divisés en trois groupes : régime pauvre, modéré, ou riche en sel.

Les chercheurs ont suivi les taux de décès pour les trois groupes, et ont publié les résultats suivants :

  • groupe consommant un régime pauvre en sel : 50 décès
  • groupe consommant un régime modéré en sel : 24 décès
  • groupe consommant un régime riche en sel : 10 décès.

En fait, le risque de maladie cardiaque s’est révélé 56 % plus haut chez les personnes consommant peu de sel que chez les personnes consommant beaucoup de sel. Ainsi, la seule conclusion raisonnable que les chercheurs aient pu faire était : « moins vous consommez de sel, plus vous êtes susceptible de mourir de maladie cardiaque. » (11)

Ce qui aurait du semer la panique au ministère de la Santé, et particulièrement dans les bureaux du Plan National Nutrition Santé. Mais aux dernières nouvelles, la vie continue là-bas comme si de rien n’était.

A votre santé ! 

Jean-Marc Dupuis 

Le potage contre l’hypertension


Selon une nouvelle étude publiée par des chercheurs de l’Université de Barcelone, consommer régulièrement du gaspacho réduit de 27 % le risque d’hypertension artérielle. (1)

L’effet bénéfique du gaspacho est dû aux vertus de la tomate, du concombre, de l’ail et de l’huile d’olive, qui entrent dans sa composition et qui tous, individuellement, ont des vertus protectrices pour le cœur et les artères.

L’hypertension se caractérise par une pression anormalement forte du sang sur la paroi des artères. En situation de stress ou durant un effort physique, il est normal que la tension artérielle s’élève. Mais chez les personnes hypertendues, la tension reste élevée en permanence, même au repos ou en l’absence de stress.

A la longue, les artères souffrent, ce qui augmente le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’insuffisance cardiaque (épuisement du cœur), de problèmes aux reins et aux yeux, car les petits vaisseaux sanguins qui les irriguent risquent d’éclater.

Gaspacho délicieux en moins de 15 minutes

Le gaspacho tout prêt Alvalle est vraiment excellent et se vend dans tous les supermarchés, au prix d’environ 3,90 euros le litre. (Je précise que je ne possède pas d’action de la société Alvalle, ni d’ailleurs d’aucune autre société.)

Il contient tomates, poivron, concombre, oignon, huile d’olive vierge extra, vinaigre de vin, sel, ail et jus de citron, et n’a pas de colorant ni conservateur ajouté.

Les légumes étant achetés en gros en Espagne et cuisinés immédiatement par le producteur, vous bénéficiez de l’effet de masse. Il vous sera presque aussi cher de cuisiner votre propre gaspacho, surtout en cette saison où les tomates ont le goût du navet et le prix des cerises.

Toutefois, pour être conservé, ce gaspacho est malheureusement pasteurisé (passé à haute température). Cela détruit en partie sa teneur en vitamines.

Alors voici une recette rapide, facile et bon marché à faire chez vous.

Pour quatre personnes, prenez :

– 6 tomates mures
– 1 concombre
– 1/2 poivron rouge
– 1/2 poivron vert
– 2 petits oignons
– 1 gousse d’ail
– 2 jus de citrons (ou plus, selon les goûts)
– 6 cuillères à soupe de vinaigre
– 1/2 verre d’huile d’olive
– basilic
– piment en poudre
– poivre et sel
– un verre d’eau

Préparation de la recette :
Réduisez l’ail et l’oignon en purée.

Lavez tous les autres légumes, épluchez le concombre, épépinez les poivrons, puis coupez les en morceaux.

Mixez les légumes avec la purée d’ail et d’oignon, puis ajoutez l’huile, le vinaigre, le jus de citron, le basilic, le sel, le poivre et le piment. Si la mixture reste trop épaisse, ajoutez de l’eau.

Bien mélanger et mettre au frigo deux heures.

Une recette idéale à faire avec les enfants : comme vous le voyez, il est a peu près impossible de rater un gaspacho…

Un peu de vocabulaire

Vous avez peut-être noté que j’ai intitulé cette lettre « Le potage contre l’hypertension », et non la soupe contre l’hypertension.

Le potage est une préparation de légumes et éventuellement de viande bouillis dans de l’eau, et qu’on mange avec l’eau de cuisson, mixée ou non.

Si vous décidez de sortir tous les morceaux et de ne garder que le jus, ce n’est plus du potage, mais du bouillon.

Votre potage ou votre bouillon deviennent une soupe lorsque vous les versez sur une tranche de pain. C’est le plat traditionnel des paysans français, qui n’est quasiment plus consommé aujourd’hui. Au Moyen-Âge, le mot soupe ne signifiait d’ailleurs pas la préparation liquide, mais la grosse tranche de pain elle-même, qui servait d’assiette et sur laquelle on versait la nourriture.

Les gastronomes dégraissent, filtrent leur bouillon, puis dégustent chaud ou glacé le précieux liquide ainsi obtenu : on parle alors d’un consommé, et il est souvent garni de morilles, d’asperges, de truffes ou aromatisé avec des vins madérisés.

Si, juste avant de le servir, vous liez votre potage avec de la crème fraîche, et que vous moulinez le tout pour obtenir une texture parfaitement onctueuse, il s’agit alors d’une crème

Ajoutez à cette crème un jaune d’œufs, pour mieux la lier que la crème fraîche, et vous dégusterez un velouté.

Il existe enfin une sorte particulière de velouté : lorsque l’ingrédient principal est un crustacé, on parle d’une bisque.

Avec ça, vous ne risquez plus de confondre potage Dubarry, crème Dubarry et velouté Dubarry…

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis 

>Des médicaments contre l’hypertension et le diabète font prendre du poids

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16 mars 2011 – Un type de médicament couramment prescrit aux personnes souffrant d’hypertension, de diabète et de troubles cardiovasculaires, les bêta-bloquants, entraîne un gain de poids à long terme, confirment 4 études australiennes.
Dans chacune des études, menées par la même équipe de chercheurs, on a comparé le gain de poids chez des patients traités aux bêta-bloquants et des témoins qui ne l’étaient pas. En tout, les études ont porté sur 11 468 sujets souffrant d’hypertension artérielle ou de diabète.
Les résultats indiquent que, comparés aux groupes témoins, ceux qui prenaient des bêta-bloquants affichaient systématiquement un poids supérieur. La différence entre les 2 groupes variait de 5 kg à 20 kg, selon les études, et était toujours significative sur le plan statistique.

Pourquoi les bêta-bloquants font-ils grossir?

Dans l’une des études, menée auprès de 30 sujets, les auteurs ont mesuré la thermogenèse2 (chaleur physiologique) consécutive à un repas et le niveau d’activité physique des sujets, qu’ils soient ou non traités aux bêta-bloquants. Les résultats indiquent que, chez les sujets traités, la thermogenèse était réduite de moitié par rapport à celle que l’on pouvait observer chez les autres. Par ailleurs, le niveau d’activité physique des sujets traités était inférieur de 30 % comparé à celui des sujets non traités.
Les chercheurs en concluent que les bêta-bloquants tendent à réduire la thermogenèse, ce qui cause une accumulation plus importante de corps gras dans les tissus, de même qu’une oxydation accrue des matières grasses dans l’organisme. Une thermogenèse réduite et une oxydation accrue des matières grasses engendrent davantage de fatigabilité à l’effort, ce qui expliquerait que les sujets traités aux bêta-bloquants tendent à faire moins d’exercice.
Selon les chercheurs, les patients qui doivent prendre des bêta-bloquants à long terme devraient redoubler de vigilance quant à leur poids en surveillant de près leur alimentation et en faisant davantage d’exercice. Il est possible aussi de demander à son médecin d’employer un autre type de médicament, ou l’un des bêta-bloquants de la toute dernière génération, qui seraient moins antithermogéniques que les anciens.
Pierre Lefrançois – PasseportSanté.net
1. Lee P, Kengne AP, Greenfield JR et al. Metabolic sequelae of β-blocker therapy: weighing in on the obesity epidemic?Int J Obes (Lond). 2011 Feb 8.
2. Thermogenèse : chaleur physiologique qui permet notamment de brûler les calories et les graisses.

Sel dans les aliments transformés: une toxine qui tue à petit feu

OTTAWA, 29 octobre 2010 – Afin de réduire la quantité de sel contenu dans les aliments transformés, 200 spécialistes réunis au colloque du Centre pour la science dans l’intérêt public (CSPI)1 ont pressé le gouvernement canadien d’agir.
Les Canadiens consomment trop de sel. Ils ingèrent plus d’une cuillère et demie de sel chaque jour, soit plus du double de la limite au-delà de laquelle le sodium contenu dans cet assaisonnement est néfaste pour la santé. Une réduction de la consommation de sodium diminuerait les cas d’hypertension et de maladies cardiaques – et de décès.
C’est que même en délaissant complètement la salière, les Canadiens seraient loin du compte : 77 % du sodium qu’ils ingèrent est « caché » dans les aliments transformés qu’ils mangent.
Le sel de table ne compte que pour 6 % du sodium qu’ils avalent, tandis que le sel ajouté pendant la cuisson n’équivaut qu’à 5 %.
Les Canadiens ont la dent salée, malgré eux
Consommation actuelle
Seuil maximal pour la santé
Apport recommandé
3 400 mg sodium/jour
soit 8,5 g de sel
ou 1½ c. à thé de sel
2 300 mg sodium/jour
soit 5,75 g de sel
ou 0,9 c. à thé de sel
1 500 mg sodium/jour
soit 3,75 g de sel
ou ½ c. à thé de sel

Le sel : « une toxine qui tue à petit feu »

« Le sel est une toxine qui tue à petit feu et le gouvernement ne doit pas laisser l’industrie tuer les gens : il n’y a pas d’excuse à l’inertie politique », a clamé le Dr Graham McGregor, qui préside le World Action on Salt and Health (WASH).

Dr Graham McGregor
Selon le Dr McGregor, une diminution de 6 g de la consommation quotidienne de sel dans la population entraîne une diminution globale de la tension artérielle, laquelle se traduit par une baisse de 24 % des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et de 18 % des maladies du coeur.
Selon lui, le Canada doit suivre l’exemple de la Grande-Bretagne, où le gouvernement a fait pression sur l’industrie afin qu’elle diminue la quantité de sodium utilisé dans les produits alimentaires transformés.
« De 2006 à 2008, la consommation quotidienne est passée de 9,5 g de sel à 8,6 g; ce qui a permis d’éviter 6 000 décès par infarctus ou par accident vasculaire cérébral », affirme le Dr McGregor.
« De plus, la consommation de sel provoque la soif et il existe un lien direct entre le sel et la consommation de boissons sucrées, qui augmente la prise de poids et contribue à augmenter encore plus la tension artérielle », a ajouté le Dr McGregor.

Des recommandations « ambitieuses »


Dr Hasan Hutchison
En octobre 2007, Santé Canada créait le Groupe de travail sur le sodium, afin qu’il lui fasse des recommandations visant à réduire la consommation de sodium chez les Canadiens.
Celui-ci a déposé son rapport à la fin de juillet 2010 à la ministre canadienne de la Santé, Leona Aglukkaq.
Selon le président du groupe de travail, le Dr Hasan Hutchison, les recommandations du rapport sont ambitieuses. « Nous visons une réduction annuelle de 5 % de la consommation de sodium, jusqu’en 2016, pour parvenir à une consommation moyenne de 2 300 mg », soit le seuil limite.
Le rapport ne propose pas toutefois d’obliger l’industrie agroalimentaire à réduire le recours au sodium dans la fabrication des aliments transformés. Il mise sur une approche volontaire, ce que certains estiment insuffisant.
D’après le Dr Hutchison, cette approche est la meilleure puisqu’elle est « structurée et donne de la flexibilité pour faire des changements en cours de route, puisqu’il y aura un mécanisme de surveillance pour analyser les progrès, assure-t-il. Et la menace d’une législation, si les résultats ne sont pas au rendez-vous, demeure toujours présente ».
Selon Hasan Hutchison, l’application du rapport entraînerait aussi des économies annuelles directes de 500 millions $ pour le système de santé, et jusqu’à 3 milliards $ en incluant les coûts indirects.

Volonté politique au rendez-vous?


Dr Andrew Pipe
Mais certains doutent de la volonté politique du gouvernement canadien de donner son aval au rapport.
C’est le cas du Dr Andrew Pipe, de l’Institut de cardiologie d’Ottawa2, qui était conférencier lors du colloque de CSPI.
« Si je disais à mon institut que je possède les moyens pour réduire de 25 % le nombre de cas d’accidents vasculaires cérébraux en une seule année, on me dirait de l’appliquer et vite », a-t-il imagé.
« Mais au Canada, on parle beaucoup de santé sans agir, a-t-il conclu. Les données scientifiques sont là, mais le gouvernement opte pour la politique de l’inertie : il se montre indifférent quand vient le temps d’appliquer les stratégies les plus élémentaires de santé publique. »

Wikio

Le chocolat noir diminue l’hypertension mais pas le thé vert ou noir

PsychoMédia – Publié le 12 avril 2007
Le chocolat noir pris quotidiennement peut contribuer à une pression sanguine normale autant que les médicaments utilisés pour le contrôle de la pression sanguine selon une étude analysant les recherches sur le sujet. Cette étude révèle aussi que le thé, noir ou vert, n’amène pas de bénéfice pour le contrôle de la pression sanguine.

Dirk Taubert et ses collègues de l’université de Cologne ont analysé 10 recherches

publiées entre 1996 et 2006 sur les propriétés hypotensives de ces deux aliments riches en flavonoïdes, une substance antioxydante.

Une consommation quotidienne de chocolat, selon les auteurs, réduirait le risque de maladie cardio-vasculaire de 10% à 20% (selon la pathologie). Dans les 5 recherches analysées qui portaient sur le chocolat, les participants en avaient consommé pendant deux semaines en moyenne. Il s’agissait de chocolat noir avec une haute concentration en flavonoïdes. Les chocolats du commerce, le chocolat au lait notamment, en contient rarement beaucoup.

Ils ont analysé 4 études sur le thé noir. Aucun bénéfice par rapport à la pression sanguine n’était observé même avec une consommation aussi élevée que 4 à 6 tasses par jour pendant 4 semaines. Une étude portait sur le thé vert, à raison d’une tasse par jour. Aucun bénéfice n’était observé également.

On sait que le cacao et le thé contiennent des quantités importantes de polyphénols, comme les flavonoïdes qui sont des antioxydants, connus pour prévenir les maladies cardio-vasculaires.

Cette étude amène à conclure que la réduction de la pression sanguine apportée par le cacao doit être due à un type particulier de polyphénols, les procyanides qui sont présents aussi dans le vin mais qui ne sont pas présents dans le thé.

D’après Dirk Taubert, une consommation raisonnable de chocolat pourrait être recommandée pour combattre les problèmes d’hypertension autant que la consommation de fruits et légumes, à la condition de choisir un chocolat noir, d’éviter les chocolats contenant des quantités importantes de sucre, de graisse et de calories.

Source: Archives of Internal Medicine (Medpagetoday)

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