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Le Tylénol augmenterait la tension artérielle chez les patients cardiaques

3 novembre 2010 – L’acétaminophène (Tylénol® ou génériques) ferait augmenter, à court terme, la tension artérielle chez les patients souffrant d’une maladie cardiaque, selon les résultats d’une étude préliminaire1 publiés dans le journal Circulation de l’American Heart Association.

L’essai clinique a été mené en Suisse auprès de 33 patients. Durant 2 semaines, chaque participant prenait, en plus de sa médication usuelle, 2 comprimés d’acétaminophène « extra fort » (500 mg chacun), 3 fois par jour, ou un placebo. Les rôles étaient ensuite inversés durant une autre période de 2 semaines.

Les chercheurs ont observé une hausse systématique de la pression artérielle systolique (+2,3 %) et diastolique (+3 %) à un dosage couramment recommandé.

Les auteurs de l’étude concluent que l’acétaminophène n’est pas un analgésique aussi anodin qu’on le croyait et qu’il serait nécessaire de mener des études plus poussées quant à son innocuité.

Un analgésique à prendre avec modération
Malgré la courte durée de l’étude et son nombre restreint de participants, 2 médecins américains incitent les cardiologues, dans un éditorial2 publié dans la même revue médicale, à revoir l’usage actuel de l’acétaminophène chez les patients cardiaques. D’autant plus, soulignent-ils, qu’on ignore si l’effet hypertenseur de l’acétaminophène serait plus important lors d’un usage à long terme.

Selon le pharmacien Jean-Yves Dionne, « il est frappant de constater que la pression artérielle a augmenté de façon systématique et significative chez tous les patients lors du traitement à l’acétaminophène, malgré le fait que la majorité des participants prenaient des médicaments qui avaient pour effet de contrer une hausse de la pression artérielle ».

Les personnes souffrant de troubles cardiaques devraient donc éviter de prendre de l’acétaminophène sur une base continue et limiter le dosage lorsqu’elles doivent absolument en prendre, estime-t-il. « Même s’il est offert en vente libre, cet analgésique n’est pas un bonbon et il serait sage d’en user avec modération », affirme Jean-Yves Dionne. Il souligne que l’effet observé au cours de cette étude s’est manifesté avec un dosage conforme à l’usage habituel.

L’acétaminophène est réputé pour être dépourvu d’action anti-inflammatoire et ne pas agir sur l’agrégation plaquettaire comme les anti-inflammatoire non stéroïdiens (AINS) (Aspirine®, Ibuprofène®, Célébrex®, etc.). Pour cette raison, les autorités médicales américaines et canadiennes recommandent l’emploi de l’acétaminophène plutôt que des AINS en cas de douleur chez les sujets à risque de troubles cardiovasculaires.

Pierre Lefrançois – PasseportSanté.net

1. Sudano I, Flammer AJ, Périat D, et al. Acetaminophen Increases Blood Pressure in Patients With Coronary Artery Disease. Circulation. 2010 Oct 18.
2. White WB, Campbell P. Blood pressure destabilization on nonsteroidal antiinflammatory agents. Acetaminophen exposed?Circulation. 2010 Oct 18.

Wikio

Advil, Tylénol, Aspirin: quelles sont les différences et pour quels maux les prendre?

7 mai 2010 – Qui ne prend pas, à l’occasion, des analgésiques de marque Tylénol®, Advil®, Motrin® ou Aspirin®? Bien qu’ils soient tous en vente libre, chacun de ces analgésiques a ses propriétés spécifiques lorsque vient le moment de soulager un symptôme en particulier.
Selon le pharmacien Jean-Yves Dionne1, l’usage des analgésiques doit servir à traiter des maux mineurs.
« Ces médicaments en vente libre sont là pour soulager une douleur aiguë ou récurrente, et non pas une douleur chronique : pour traiter un problème majeur, il faut consulter son médecin », précise-t-il.
Trois grandes catégories
Il existe 3 grands types d’analgésiques sur les tablettes :
  • l’acétaminophène (Tylénol®, par exemple);
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens (l’ibuprofène comme Advil® et Motrin®, ou l’acide acétylsalicylique, comme Aspirin®);
  • les produits topiques, qu’on applique sur la peau (Myoflex®, Antiphlogistine®, etc.) et qui ont une double action : les analgésiques et les rubéfiants (chaleur).

À chaque douleur son analgésique?

Voici un aperçu des maux qu’on peut soulager avec de l’acétaminophène ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène ou acide acétylsalicylique).
Mal de tête ou céphalée : l’acétaminophène, l’ibuprofène et l’acide acétylsalicylique ont tous la même efficacité.
Migraine : au moment de l’aura, l’ibuprofène peut atténuer le mal. Après, les analgésiques sont inutiles.
Gueule de bois
Pour soulager un mal de tête après avoir bu trop d’alcool, il est préférable de prendre de l’ibuprofène (Advil®, Motrin®, ou un générique). L’acide acétylsalicylique (Aspirin® ou un générique) irrite l’estomac, et l’acétaminophène (Tylénol® ou un générique) solliciterait trop votre foie déjà bien occupé.
Sinusite : tous les produits combinant l’acétaminophène ou l’ibuprofène avec un décongestionnant soulagent avec la même efficacité. Cependant, ils ne permettent pas de traiter la sinusite. Attention : le décongestionnant contient de la pseudoéphédrine, une substance qu’il faut éviter si on souffre d’hypertension.
Muscles endoloris, maux de dos, courbatures : tous les analgésiques réduisent la douleur qui survient à la suite d’un rhume ou d’un effort physique. Mais s’il s’agit d’un spasme musculaire, il faut privilégier un anti-inflammatoire combiné à un relaxant musculaire à base de méthocarbamol (Robax Platinum®, par exemple).
Douleurs articulaires : si les douleurs sont attribuables à une blessure, il faut alors diminuer l’inflammation. Pour ce faire, on utilise d’abord de la glace (de 10 à 15 minutes toutes les heures ou les 2 heures). Par la suite, on prendra un anti-inflammatoire en suivant la posologie.
À noter : on reconnaît l’inflammation à 3 signes :
  • rougeur
  • chaleur
  • enflure
S’il s’agit d’une douleur chronique attribuable à une tendinite ou à une bursite, par exemple, l’acétaminophène est à privilégier puisque l’inflammation n’est pas en cause.
« On peut aussi prendre de l’extrait de saule, dans la section des produits naturels : ça marche et ça évite les problèmes d’estomac », précise Jean-Yves Dionne.
Arthrose et arthrite rhumatoïde : parce que les douleurs arthritiques ne sont pas attribuables à l’inflammation, on choisira plutôt l’acétaminophène.
Attention : l’usage topique de diclofénac (ou Voltaren®), vendu sur ordonnance, est associé à une accélération de l’arthrose, d’après le pharmacien Jean-Yves Dionne.
À noter également que l’usage d’acétaminophène ne guérit pas l’arthrose ou l’arthrite : il ne fait qu’atténuer la douleur.
Douleurs menstruelles : pour un soulagement rapide, tous les produits analgésiques s’équivalent, avec une légère préférence pour les anti-inflammatoires.
Mais à plus long terme, la prise d’un supplément d’oméga-3 riche en acide eicosapentaénoïque (AEP) peut être utile. « L’AEP diminue l’inflammation à long terme et, après 2 ou 3 cycles menstruels, peut réduire les douleurs », d’ajouter le pharmacien.
Mal de dents : l’ibuprofène est plus efficace que l’acétaminophène, en raison de son action anti-inflammatoire. Du côté des produits de santé naturels, l’huile de clou de girofle peut aussi être efficace.

Produit original ou générique?

Sur le plan pharmacologique, les produits génériques (ou maison) sont censés être aussi efficaces, puisqu’ils ont une composition « bioéquivalente », selon Jean-Yves Dionne.
Mais, le produit original est lié à une connotation psychologique qui favorise l’effet placebo « qui fait partie de tout traitement qui fonctionne », soutient-il. « De sorte que si vous estimez que le produit original est plus efficace pour vous, pourquoi vous en priver? »

Attention au risque de toxicité

Enfin, malgré leur utilité, les analgésiques peuvent être contre-indiqués et toxiques, dans certains cas. D’où l’importance de prendre le temps de lire les étiquettes de ces produits.
  • Surdose d’acétaminophène : risque d’endommager le foie de façon irréversible, en raison du phénomène de nécrose hépatique. Ne pas dépasser les dosages.
  • Surdose d’anti-inflammatoire : risque irritation, ou même d’ulcère de l’estomac, en surdosage aigu. Si le surdosage est fréquent, on risque des problèmes d’irritation du système digestif et des ulcères.
Martin LaSalle – PasseportSanté.net
1. Cet article résume 2 capsules audio-balado réalisées avec Jean-Yves Dionne. La première balado traite des différences entre les types d’analgésiques. Pour l’écouter : http://medias.passeportsante.net/balado/capsule_sante-jyd-2010.mp3. La deuxième balado – qui sera en ligne le lundi 10 mai – indique quels analgésiques privilégier selon les symptômes.

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