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Un nageur et sa mécanique

La mécanique humaine, Alexandre Leduc en fait son... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

La mécanique humaine, Alexandre Leduc en fait son leitmotiv.
PHOTO: IVANOH DEMERS, LA PRESSE
Simon Drouin
La Presse
Lundi matin, 6h55, piscine du Parc olympique. Alexandre Leduc s’extirpe de l’eau après un entraînement de 4000 mètres en compagnie d’une vingtaine de collègues de maîtres nageurs. On nous avait dit qu’il avait 53 ans, il en paraît 10 de moins. Ou 15. Épaules larges, pas une once de gras, on voit les veines courir sur ses biceps définis. Il nage depuis son enfance, mais il bat aujourd’hui les meilleurs temps qu’il faisait à 19 ans.
«Depuis que j’ai 40 ans que je me dis que ça va régresser. 13 ans que ça dure. Ça me surprend moi-même», dit Alexandre Leduc, qui nous accorde cette entrevue en pleine séance d’étirement. «À mon âge, il faut entretenir la mécanique», explique celui qui pratique aussi le triathlon et la course à pied.
La mécanique humaine, cet informaticien de Montréal-Nord en fait son leitmotiv. «Je veux aller chercher 100% de moi-même, dit-il quand on lui demande la source de sa motivation. Pas tellement pour battre quelqu’un ou faire un podium, même si ça arrive plus régulièrement en vieillissant. J’ai beaucoup de respect pour la mécanique du corps humain. J’essaie de la garder au maximum le plus longtemps possible.»
Pour y arriver, il mène une vie d’ascète. La semaine, il se lève à 3h50 pour des échauffements de vélo ou de musculation. Les lundis, mercredis et vendredis, il se rend invariablement au Stade olympique pour un entraînement d’une heure et quart avec le club des maîtres nageurs. Il prend ensuite le métro pour se rendre au travail au centre-ville. Retour en fin d’après-midi au stade pour sa routine de musculation. Il complète la journée avec une séance de yoga. Les mardis et jeudis sont plutôt consacrés à la course à pied et au vélo. Il réserve ses sorties plus longues pour les week-ends.
Alexandre Leduc calcule consacrer de 20 à 24 heures d’entraînement par semaine. Malgré son emploi à temps plein, il n’y voit rien d’exceptionnel. Il s’étonne de faire l’objet d’un article. «Des gens comme moi, j’en côtoie tous les jours à l’entraînement, relève-t-il. J’en vois d’autres aussi qui vont plus vite que moi dans les triathlons.»
Alexandre Leduc accorde aussi une attention particulière à son régime alimentaire, qu’il qualifie de «caveman diet» (diète de l’homme des cavernes). «Si ça ne pousse pas dans les arbres, je n’en mange pas, résume-t-il. Légumes, fruits, graines, noix, that’s it. Poisson. Rien de raffiné. J’ai la shape d’un gars de 15 ans. C’est pas autre chose que la nutrition»
Il ne consomme pas de sucre, une restriction qu’il s’impose depuis l’âge de 16 ans. «Je dis souvent en niaisant que ce sont les 10 premières années les plus difficiles. Après, ça va bien!»
Son talon d’Achille? Le sommeil. «J’ai un peu de misère avec ça, juge-t-il. Chaque année, ça fait partie de ma liste de choses à améliorer.»
Infatigable, Alexandre Leduc participe chaque année à plus d’une vingtaine de compétitions de natation, de course à pied et de triathlon, principalement au Québec. Il n’était pas un champion dans sa jeunesse, et ce n’est pas son but de le devenir de sitôt. «Le plus tard sera le mieux. Parce que si je deviens champion canadien à 85 ans, ça voudra dire que j’aurai été en forme jusqu’à 85 ans…»

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